La Société de développement commercial Maguire dénonce notamment l'abandon du projet de logements coopératifs sur l'îlot de l'église anglicane St. Michael, mentionnant qu'il s'agit d'un «signe du ralentissement» que vit le quartier.

«Une cloche de verre sur Sillery», craignent les commerçants

À l'heure où le maire Régis Labeaume songe à un «grand plan pour rajeunir la ville», les commerçants de l'avenue Maguire craignent que la population vieillissante de Sillery vienne à bout de sa vie de quartier. L'arrondissement historique risque d'être vidé de ses résidents à l'image du Vieux-Québec, croit même la SDC Maguire.
La directrice de la Société de développement commercial (SDC) Maguire est catégorique. La vie de quartier de Sillery est menacée par les groupes d'opposition qui se dressent contre tout développement. «Les gens sont vieillissants, mais ils ne veulent pas quitter, parce que c'est leur quartier depuis 40, 50 ans. Il y a toujours un arbre à protéger, il y a toujours quelque chose à protéger», constate Annie Verreault.
L'opposition citoyenne est devenue «tellement grande que les investisseurs ont peur de venir chez nous pour développer», avance-t-elle.
«Le Vieux-Québec a vu ses citoyens quitter le quartier. Est-ce que c'est ça qu'on veut? C'est vers là où on s'en va, parce qu'il n'y a pas un projet qui est capable de voir le jour. Alors comment on fait pour amener des jeunes familles?» s'inquiète Mme Verreault.
La SDC Maguire y va de cette nouvelle sortie publique après avoir appris l'abandon du projet de logements coopératifs sur l'îlot de l'église anglicane Saint-Michael, chemin St-Louis.
Un projet dans lequel la communauté était impliquée, souligne Annie Verreault, alors que les promoteurs étaient des bénévoles. «On parlait d'une conversion d'un immeuble existant, on n'était pas dans une tour de condos de 10 étages, c'était un tout petit projet de 30 logements», se désole-t-elle.
«C'est encore un signe du ralentissement qu'on vit. Pour tous les projets, il y a toujours un groupe pour s'opposer.»
Mme Verreault précise que les commerçants de Maguire n'encouragent pas pour autant le «développement à outrance» sur les terres patrimoniales de Sillery. «Mais là on est en train de freiner tout développement», dénonce-t-elle.
«Ce qu'on craint le plus, c'est qu'on est en train de mettre une cloche de verre sur Sillery et les investisseurs voudront de moins en moins venir développer des projets intéressants, qui amènent de la vigueur au milieu», précise Annie Verreault.
La majorité silencieuse
La représentante des commerçants souhaite que la «majorité silencieuse» des résidents se fasse entendre et dise «qu'ils souhaitent que ça évolue». «Pour l'amour que tout le monde porte à Sillery, il va falloir qu'on accepte d'avoir de nouveaux voisins, qu'on accueille de nouvelles familles et qu'on se rassemble autour de projets structurants», termine Mme Verreault.
La Société d'histoire de Sillery, qui s'était opposée au changement de zonage permettant le projet de l'espace St. Michael, a réitéré hier au Soleil qu'elle souhaite «développer le potentiel touristique» du site. Elle attend l'issue du dossier du boisé Woodfield, qui s'est transporté devant les tribunaux, avant de poursuivre ses démarches.