Des cordages ont été installés autour de la carcasse du béluga retrouvée à Sainte-Anne-des-Monts afin de pouvoir la tirer dans le camion qui l’a transportée en direction de Saint-Hyacinthe pour nécropsie.
Des cordages ont été installés autour de la carcasse du béluga retrouvée à Sainte-Anne-des-Monts afin de pouvoir la tirer dans le camion qui l’a transportée en direction de Saint-Hyacinthe pour nécropsie.

Une carcasse de béluga échouée en Haute-Gaspésie

Une carcasse de béluga a été aperçue par des citoyens, alors qu’elle flottait non loin de la rive à Sainte-Anne-des-Monts, en Haute-Gaspésie. Il s’agit d’une septième carcasse de ce mammifère marin à être signalée depuis le début de la saison.

Selon la porte-parole du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins, Marie-Ève Muller, il s’agit d’un mâle adulte, dont l’âge précis n’est pas encore connu. Il mesure 4 mètres et demi. 

La carcasse a été transportée vers la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal à Saint-Hyacinthe pour une nécropsie complète visant à connaître la cause et les circonstances de sa mort. Comme il ne démontrait pas de signes de putréfaction, l’animal n’était probablement pas décédé depuis longtemps.

Pas de drapeau rouge

Bien qu’il s’agisse du septième cadavre de béluga depuis le début de la saison, Mme Muller estime qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter pour l’instant. «[…] Il n’y a pas de drapeau rouge de levé, dans le sens qu’on ne peut pas dire si c’est normal ou pas. Il est trop tôt pour tirer des conclusions. On attend d’avoir toute la saison de faite avant d’avoir un vrai portrait parce qu’on peut en trouver plusieurs d’affilée et ne pas en retrouver du tout pour le reste de la saison.»

De 15 à 20 bélugas morts s’échouent annuellement sur les berges de l’estuaire du Saint-Laurent. La population poursuit sa décroissance de 1 % par année. Le troupeau est actuellement évalué à quelque 900 individus.

En voie de disparition

En 2015, 14 carcasses s’étaient échouées sur les rives du Saint-Laurent. Six d’entre elles étaient considérées comme des nouveau-nés, dont quatre confirmées par les scientifiques. Trois autres carcasses étaient celles de femelles mortes en couche présentant des signes de mise bas récente ou de complications. L’une a aussi été définie comme étant hermaphrodite.

C’est en 2012 que les mortalités anormalement élevées de bélugas nouvellement nés ont sonné l’alarme. Dans l’année qui a suivi, les scientifiques qui s’intéressent à ce mammifère ont redoublé d’efforts afin d’analyser de façon plus pointue les données obtenues au cours des trente années précédentes. C’est ce qui leur a permis de confirmer que la population de bélugas était en déclin depuis 2000. Les mortalités des dernières années pourraient aggraver cette tendance. En décembre 2014, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada a déclaré le béluga du Saint-Laurent comme étant en voie de disparition.