La baleine noire désempêtrée dimanche traînait une bouée, qui semblait lestée d’un poids suffisant pour entraver sa nage.

Une baleine noire désempêtrée dans la baie de Fundy

GASPÉ — Des bénévoles et des agents des pêches ont dégagé une baleine noire prise dans des engins de pêche ou d’autre origine dimanche dans la baie de Fundy, entre le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Ils ont libéré 3843, un mâle de 10 ans, d’un poids qui l’empêchait de nager librement.

La baleine a été aperçue une première fois le 30 juillet. Elle traînait une bouée jaune attachée à des cordages entortillés autour de son corps. Les jours suivants, le vent et la brume ont compliqué le travail des bateaux et des avions qui ont essayé de la retrouver.

C’est seulement dimanche vers 17h15 que l’équipe du Centre de recherche sur la vie marine de Grand Manan a revu la baleine, toujours empêtrée.

Des scientifiques et des pêcheurs ont tout de suite pris la mer à bord d’un canot pneumatique. Une heure vingt plus tard, ils étaient près d’elle, rapporte Moira Brown, chercheuse au New England Aquarium, et membre de la Campobello Whale Rescue Team.

«Les gens qui ont retrouvé la baleine étaient restés avec elle. C’est la chose la plus importante», dit Mme Brown, histoire de ne pas la perdre de vue à nouveau. À l’aide d’un grappin, son équipe a réussi à couper la corde de la bouée attachée à l’animal, et qui semblait traîner un poids.

Avant l’opération, «elle nageait laborieusement et venait souvent respirer à la surface. Une fois le lien coupé, c’est comme si un poids avait été enlevé. La baleine s’est mise à nager plus vite et plus librement», décrit Mme Brown.

3843 pourrait avoir encore des cordages accrochés à la mâchoire ou aux nageoires, observe la chercheuse. Elle espère en avoir le cœur net en visionnant les photos prises par un avion de Pêches et Océans Canada qui survolait les lieux.

Cicatrices récentes

La baleine avait des cicatrices récentes sur la queue, «comme si elle avait eu plus de cordages autour d’elle». Elle était maigre, possiblement parce qu’elle avait eu du mal à se nourrir, dit Mme Brown.

En juillet 2017, les équipes de sauvetage avaient dû cesser de désempêtrer des baleines après qu’un pêcheur du Nouveau-Brunswick soit mort dans une telle opération. Pêches et Océans a adopté un protocole d’intervention en mars 2018, après quoi les sauvetages ont pu reprendre.

«On doit maintenant consulter un autre expert avant d’agir, mais l’autre expert [Mackie Greene] était sur le bateau avec moi», note Mme Brown. Il y a de la «réflexion en plus», et l’équipe doit envoyer des mises à jour à Pêches et Océans, signale-t-elle. «La sécurité des humains est notre première priorité», dit la chercheuse.

Il reste environ 450 individus de baleine noire de l’Atlantique Nord, une espèce en voie de disparition. Aucune carcasse n’a été vue en 2018 alors que l’an dernier, 17 baleines noires ont été trouvées mortes, dont 12 en eaux canadiennes. Certaines avaient subi des collisions avec des navires. Au moins une, et possiblement deux, ont succombé à un empêtrement dans des engins de pêche. Dans le cas de 3843, il n’est pas clair s’il s’agissait d’un engin de pêche. Les agents de Pêches et Océans ont récupéré la bouée et tenteront de déterminer sa provenance.

Pour protéger les baleines noires, Ottawa a réduit la limite de vitesse des navires dans le golfe et fermé des secteurs de pêche au homard et au crabe des neiges.