L’intervalle de 17 minutes a été choisi afin de rappeler que toutes les 17 minutes une femme est agressée sexuellement au Canada.

Une agression sexuelle toutes les 17 minutes au Canada

Agression, attouchement, harcèlement, viol, toutes les 17 minutes des histoires et des témoignages de survivantes seront publiés sur les réseaux sociaux afin de souligner la semaine de révolte du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) francophone d’Ottawa.

Des faits vécus par des femmes comme Kara, une survivante de 28 ans qui raconte qu’une soirée elle a été victime de trois viols par cinq hommes. «J’ai eu si peur. Ils ont filmé, je ne sais pas ce qu’ils ont fait du film. Ça me hante continuellement. J’ai peur, j’ai de la peine et je suis en colère!» Peut-on lire sur les réseaux sociaux.

Ou encore des témoignages comme celui de Nathalie, 49 ans. «Survivante d’attouchement, harcèlement et viol. Ces abus ont déclenché en moi un stress post-traumatique accompagné d’agoraphobie. Je dois limiter mes sorties, je ne fais plus confiance aux gens.»

Plus de 2000 actions sont planifiées par l’organisme ottavien d’ici vendredi. L’intervalle de 17 minutes a été choisi afin de rappeler que toutes les 17 minutes une femme est agressée sexuellement au Canada.

En publiant ces messages, les intervenantes du CALACS dénoncent le manque de ressources et espèrent recevoir les fonds nécessaires afin de venir en aide aux victimes francophones. Ces femmes doivent attendre deux ans avant de recevoir un service de coussin individuel.

«On voit avec les mouvements comme #MoiAussi et #AgressionNonDénoncée qu’il y a de plus en plus de survivantes qui décident de dénoncer, mais on n’a pas plus d’argent pour intervenir. Le mois de mai est le mois de la prévention des agressions sexuelles et on a décidé de militer afin d’avoir plus de services à offrir aux survivantes », déplore Kim Dubé, coordonnatrice des services de prévention et de sensibilisation au CALACS francophone d’Ottawa.

L’organisme dénonce le désengagement du Ministère du procureur général de l’Ontario qui est revenu sur sa décision de financer les CALACS. 

«L’indignation collective du CALACS quant au désengagement du Ministère du procureur général de l’Ontario à augmenter ses ressources financières, alimente constamment sa détermination à mettre fin à la culture du viol. Mais l’unique entrave à cette détermination, c’est le sous-financement», écrit l’organisme dans un communiqué.

Les intervenantes du CALACS invitent les citoyens à communiquer avec le bureau de la ministre Caroline Mulroney afin de partager leur mécontentement et souhaitent que le message se rende jusqu’à Queen’s Park.