Depuis sa fermeture, la Sépaq avait fait connaître sa préoccupation face aux coûts d’entretien des bâtiments inutilisés. En 2013, l’organisme avait évalué à 14 millions $ les sommes injectés en sept ans en frais d’entretien et en taxes foncières et scolaires.

Un zoo toujours sans vocation

Le tiers des terrains de l’ancien Jardin zoologique de Charlesbourg est toujours inutilisé et sans vocation officielle depuis la fermeture des installations en 2006. Un dossier qui risque de traîner encore longtemps en raison d’une transaction qui n’aboutit pas.

C’était à l’automne 2016. L’ex-présidente de la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ), Françoise Mercure, et le ministre de l’époque responsable de la Capitale-Nationale, François Blais, inauguraient les Sentiers des Moulins aménagés sur les deux tiers de la superficie de l’ancien zoo que possède déjà la commission.

À l’époque, le ministre Blais avait alors déclaré que «les discussions vont très bien» pour que la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), toujours propriétaire de 163 905 mètres carrés de terrain, cède le lieu à la CCNQ. 

L’organisme devait avoir comme tâche de développer une vision autour de l’utilisation future de ce terrain et des infrastructures qui s’y trouvent, dont la coûteuse serre indo-australienne construite pour 15 millions $. Qu’en est-il un an et demi plus tard?

Difficile d’y voir clair à la lumière des bribes de réponses obtenues auprès des différents acteurs au dossier.

L’actuel propriétaire, la Société des établissements de plein air du Québec, est peu loquace. «La Sépaq est toujours ouverte à céder les terrains dans la mesure où leur vocation future demeure publique», explique Simon Boivin, responsable des relations avec les médias. 

Le Soleil lui a aussi demandé pourquoi la cession du terrain n’est toujours pas effective un an et demi après l’annonce d’une entente qui devait se faire sous peu en octobre 2016. «Les discussions se poursuivent avec la Commission de la capitale nationale du Québec en vue d’un transfert des terrains», résume-t-il, justifiant que c’est un «dossier complexe», sans vouloir élaborer davantage.

À la CCNQ, la responsable des communications, Anne-Marie Gauthier, confirme que «des discussions sont en cours», sans plus.

Une approche a été faite auprès du bureau du ministre Blais, aussi député de Charlesbourg, pour tenter de comprendre ce qui retarde la transaction. Lundi, en fin de journée, Le Soleil n’avait toujours pas obtenu de réponse.

L’actuel ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sébastien Proulx, a également été contacté. Sans plus de succès.

Une longue attente

Le terrain dont est toujours propriétaire la Sépaq abrite les principales installations de l’ancien zoo. 

Depuis sa fermeture, la Sépaq avait fait connaître sa préoccupation face aux coûts d’entretien des bâtiments inutilisés. En 2013, l’organisme avait évalué à 14 millions $ les sommes injectés en sept ans en frais d’entretien et en taxes foncières et scolaires. À cette facture, il faut ajouter la note des dernières années.

Depuis 2006, ce vaste espace vert au cœur de l’arrondissement de Charlesbourg est sous-exploité. Seul l’Hôtel de glace y a déposé ses valises quatre mois l’an de 2011 à 2016.

En 2016, un appel d’intérêt auprès du privé pour y développer un projet s’est avéré un échec. La proposition du promoteur Perry Wong d’y implanter un parc thématique avec manèges et insectarium avait paru trop ambitieuse, voire farfelue, aux yeux de certains. Le gouvernement a refusé de lui donner son aval.