Un troisième lien bon pour l’environnement, croit Legault

François Legault croit que la construction d’un troisième lien routier entre Québec et Lévis serait bon pour l’environnement. Il calcule que les automobilistes émettraient moins de gaz à effet de serre s’ils n’avaient pas à emprunter le «fer à cheval» que forment les autoroutes reliant les deux rives.

«Le troisième lien, c’est un projet économique où on respecterait davantage l’environnement si on l’avait. Quand un entrepreneur de Beauport veut rencontrer un acheteur à Lévis, ben il fait le grand tour du fer à cheval, il brûle de l’essence et il pollue», a soutenu le chef de la Coalition avenir Québec dans son discours devant la Chambre de commerce de Lévis jeudi.

Devant les journalistes, M. Legault a admis qu’il n’avait pas d’étude environnementale en main pour appuyer ses dires. «Actuellement, les gens attendent à l’entrée des ponts, c’est sûrement pas bon pour l’environnement.»

Sans dire que le projet de troisième lien était un projet vert, M. Legault a soutenu qu’il s’agissait d’un «projet nécessaire». «On n’a pas besoin de faire beaucoup d’études. Allez vous placer à l’entrée des ponts le matin, vous allez voir, et même chose en fin d’après-midi. Il y a nécessité, on a besoin d’un troisième lien actuellement.»

Le maire de Lévis Gilles Lehouillier est allé dans le même sens. «Il y a des milliers de camions qui actuellement sont obligés de faire des détours par les ponts, pognés dans le trafic, etc. Nous, on est sûrs que ça va avoir un impact intéressant dans l’environnement.»

Devant les gens d’affaires, M. Legault a répété qu’un gouvernement de la CAQ commencerait à construire un troisième lien au cours d’un premier mandat de 4 ans. Un engagement qui lui a valu une salve d’applaudissements.

M. Legault a souligné que la façon dont les routes sont construites dans la grande région de Québec n’est pas logique, étant donné que les deux seuls ponts disponibles ont été construits l’un à côté de l’autre. «Je sais pas qui a pensé à ça, mais ça fait longtemps!»

Le chef de la CAQ s’en est pris à son adversaire libéral, le premier ministre Philippe Couillard, qui n’a «pas fait grand-chose pendant 4 ans» dans ce dossier. M. Legault estime que son engagement de débuter la construction d’ici 2022 est tout à fait réalisable, car il a été possible de commencer à construire le Réseau express métropolitain (REM), à Montréal, en moins de 4 ans. 

«Les libéraux ont deux vitesses. Une vitesse à Montréal et une vitesse slow quand arrive Québec», a-t-il soutenu. Encore une fois, M. Legault a refusé de s’avancer sur les coûts d’un tel projet, croyant toutefois que «ça coûtera pas 10 milliards $», comme l’avait évoqué le maire de Québec Régis Labeaume il y a quelques mois. 

Le maire de Lévis avait aussi des reproches à faire aux libéraux. Selon lui, ils tiennent un discours politique beaucoup plus affirmatif sur le troisième lien que la commande qu’il ont passée au bureau de projet. 

Ce bureau doit étudier toutes les alternatives possibles pour décongestionner les routes de la région de Québec, dont le télétravail ou l’instauration d’un nouveau traversier pour piétons, par exemple. Selon M. Lehouillier, les libéraux tiennent «un discours politique qui est très fort, en disant: on va réaliser un troisième lien autoroutier, un tunnel, un pont entre les deux rives. Sauf que c’est pas ça que l’élaboration du devis technique dit.» Pour être conséquent, M. Lehouillier demande au gouvernement de réaligner le bureau de projet vers un lien autoroutier à l’est de Lévis.

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Sur la même longueur d’onde

Le maire de Lévis Gilles Lehouillier et le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) François Legault étaient visiblement sur la même longueur d’onde jeudi.

M. Lehouillier s’est dit très heureux que M. Legault dise oui à l’ensemble de ses demandes en transport, qui comprend l’amélioration du transport en commun, la construction du viaduc Saint-Omer et la transformation de la route 116 à Saint-Nicolas en boulevard urbain.

Est-ce que ça le convainc d’appuyer la CAQ aux prochaines élections? «J’appuie personne», a lancé Lehouillier, prudent. Celui qui a été député du Parti libéral du Québec entre 2008 et 2012 ne semble pas prêt à renier complètement son ancienne famille. 

«Normalement, on n’appuie pas de parti politique. Mais on peut vous dire que les engagements de la CAQ annoncés aujourd’hui à la Chambre de commerce sont conformes avec les orientations de la Ville de Lévis», a commenté M. Lehouillier. 

Le maire attend de voir ce qu’auront à offrir les autres partis. Il rappelle que les citoyens l’ont élu pour qu’il continue à se battre pour la réalisation d’un troisième lien routier entre les deux rives. «Voilà un chef de parti qui dit nous, on va passer aux plans et devis, on va réaliser ce lien-là. Alors donc, ma question, qui dit mieux?»

De son côté, François Legault soutient qu’il ne tient pas pour acquise la région Chaudière-Appalaches, bien qu’il y sente «un bon support». La CAQ compte déjà deux députés à Lévis — François Paradis et Marc Picard —, mais espère faire d’autres gains dans la région, par exemple dans Bellechasse ou dans Beauce-Sud. «Je pense qu’on est capables de prendre toute la région», évalue M. Legault.