Claude Guillot

Un témoin s’effondre au procès du pasteur Claude Guillot

Gabriel* n’en peut plus. Après plus de deux jours à la barre des témoins, le jeune homme de 19 ans s’effondre. Il lui faudra quatre heures avant d’accepter de revenir dans la salle d’audience, en présence de son ancien pasteur Claude Guillot.

Le plaignant dit avoir été séquestré pendant 10 ans chez Claude Guillot, dans l’école baptiste du quartier Chauveau. Il a réussi à fuir en mai 2014. Il a raconté avoir subi divers châtiments pour avoir désobéi au pasteur, allant de la copie, à des privations de repas, à des semaines passées debout, jusqu’aux coups de poing, dit-il.

L’avocate du pasteur Guillot, Me Susan Corriveau a commencé à contre-interroger le jeune homme mardi.

Formelle et parfois cassante, l’avocate expérimentée questionne le jeune sur son passé. Elle lui fait décrire le chalet où il a passé un été avec les Guillot, le road trip familial effectué en 2005.

L’avocate lui fait admettre qu’il est maintenant parfaitement bilingue après avoir suivi le programme éducatif du pasteur en plus d’être devenu un bon pianiste grâce aux cours des filles Guillot.

Depuis mardi après-midi, l’avocate de défense exhibe des photos au témoin, montrant des moments légers de son passé, comme un feu de camp dans la cour ou une partie de soccer sur la promenade Samuel-de-Champlain.

Après la pause du matin, Gabriel en a eu assez. Il s’est réfugié à l’extérieur du palais de justice, tremblotant, déprimé. Même les mots de réconfort de l’enquêteur Simon Chouinard de la police de Québec ne l’ont pas fait changer d’idée.

Il refusait de remettre les pieds dans la même salle d’audience que Claude Guillot.

Après une conversation avec son témoin, la procureure de la Couronne Me Sonia Lapointe a proposé au juge Christian Boulet de la Cour du Québec de continuer le contre-interrogatoire en télétémoignage. Le témoin aurait pu répondre aux questions à partir d’une autre salle d’audience.

L’avocate du pasteur contestait cette demande. «On est dans un système adversarial, c’est comme ça que ça fonctionne», a rappelé Me Susan Corriveau.

En après-midi, Gabriel a accepté de revenir s’asseoir dans la barre des témoins. Il a continué à répondre et à regarder des images d’un passé qu’il voudrait oublier.

* Nom fictif