Plus d'une centaine de chauffeurs de taxi de la grande région de Québec ont manifesté, mardi matin, devant l'Assemblée nationale contre l'intention du gouvernement Couillard de «légaliser» le service de transport Uber.

Un site Web anti-Uber pour influencer les députés

Le Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec (RITQ) a lancé mardi le site Web www.laveritesuruberx.com dans le but avoué d'influencer les parlementaires qui auront éventuellement à voter sur un projet de loi concernant la multinationale Uber et son service UberX que les chauffeurs de taxi qualifient de concurrence déloyale et illégale.
Donnant le point de vue du RITQ, qui représente 95 % des permis de taxi de la région de Québec, le site prétend déboulonner certains mythes concernant Uber, expliquer le principe de la gestion de l'offre et la position des chauffeurs de taxi et d'Uber par rapport à la justice, aux impôts et aux taxes.
Le président du RITQ et de Taxi Coop, Abdallah Homsy, explique qu'une déclaration du premier ministre Philippe Couillard voulant qu'UberX serait un service de covoiturage rémunéré avait incité l'organisation à créer ce site Web.
«Pour que ce soit du covoiturage, la loi québécoise ne permet pas autre chose qu'un dédommagement pour les frais d'essence et l'usure du véhicule. Le conducteur ne peut recevoir un salaire. Visiblement, il y a des députés à l'Assemblée nationale qui ne savent pas ce qu'est le covoiturage», affirme M. Homsy.
Le RITQ avoue que son site Web ne s'adresse pas nécessairement au grand public, mais bien aux députés de l'Assemblée nationale. «Plusieurs députés ne saisissent pas de quoi il s'agit car Uber est fort sur la désinformation. On veut que les politiciens aient de l'information valide à laquelle se référer. On veut que notre point de vue à nous soit pris en compte dans un éventuel projet de loi», poursuit le président.
Dès mercredi, un lobbyiste embauché par le Regroupement invitera d'ailleurs tous les députés à aller faire un tour sur le nouveau site Web. «Il faut que les députés sachent sur quoi ils vont voter car UberX, ce n'est rien d'autre que du taxi illégal», conclut M. Homsy.