Selon les psychiatres, Charles Brisson était en pleine psychose, le soir du 4 janvier, lorsqu’il a fracassé la porte d’un logement de l’immeuble où il habitait, rue du Gabarit dans Lebourgneuf.

Un ravisseur en pleine psychose

L’homme qui avait enlevé une de ses voisines d’un immeuble de Lebourgneuf en janvier est déclaré non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux. Charles Brisson fuyait en se disant pourchassé par les services secrets.

Selon les psychiatres, l’homme de 39 ans, qui souffre de schizophrénie, était en pleine psychose, le soir du 4 janvier, lorsqu’il a fracassé la porte d’un logement de l’immeuble où il habitait, rue du Gabarit dans Lebourgneuf.

Il a commencé par asséner trois coups de planches de bois à la tête de son voisin. L’homme a souffert d’une grave lacération à la tête.

Brisson annonce qu’il vient chercher sa voisine pour l’amener en Suisse. L’agresseur se dirige vers la chambre où il saisit une jeune femme de 22 ans par les cheveux et l’entraîne de force dans son camion Chevrolet Silverado.

Brisson se dirige vers le pont Pierre-Laporte. Sa captive voit un couteau près du tableau de bord. Elle demande au conducteur s’il va lui faire du mal. «Jamais, rétorque Charles Brisson. Ils s’en viennent, je vais te sauver la vie.»

Le conducteur tient alors des propos sur le fait que le gouvernement et les services secrets sont à ses trousses. Il doit aller en Gaspésie et prendre ensuite un vol pour la Russie, dit-il.

Une tempête de neige fait rage. À Montmagny, les policiers bloquent l’autoroute 20. Charles Brisson se dirige vers une station d’essence pour faire le plein. Lorsqu’il sort payer, la jeune femme réussit à s’enfuir et à se réfugier dans une ambulance qui passe par là.

Chasse à l’homme

Les policiers réussissent à repérer le Silverado grâce au système On-Star. Ils entament une chasse à l’homme sur environ deux kilomètres pour rattraper Brisson.

Les patrouilleurs finissent par percuter le camion pour le forcer à s’immobiliser en plein centre-ville de Montmagny. Brisson rétorque en fonçant à son tour sur l’auto-patrouille.

Les agents sortent, arme au poing. Brisson résiste et saisit même le canon de l’arme d’un policier. Le fuyard sera finalement mis en état d’arrestation.

Charles Brisson dira aux policiers qu’il croyait que la victime était victime de viol et retenue contre son gré. Il évoque le fait que, lorsqu’il était nouveau-né, sa mère l’avait vendu à l’État islamique... ou à Geoff Molson.

Devant cette preuve, la juge Marie-Claude Gilbert de la Cour du Québec n’a eu d’autre choix que de déclarer l’accusé non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux. 

La juge Gilbert a souligné le côté «épouvantable» de la mésaventure et a exprimé le souhait que la jeune femme victime, présente dans la salle d’audience, puisse reprendre le cours de sa vie sans trop de séquelles.

Charles Brisson reste détenu en milieu hospitalier. Le Tribunal administratif du Québec statuera bientôt sur son sort.