Québec envisage de se doter de sa propre agence de solidarité internationale, qui deviendrait le pendant québécois de l'Agence canadienne de développement international (ACDI). L'ACDI a notamment apporté son soutien à Haïti à la suite du séisme qui a ravagé le pays en 2010.

Un rapport recommande la création d'une Agence québécoise de solidarité internationale

Le ministre des Relations internationales du Québec a en main depuis plusieurs semaines un rapport recommandant la création d'une Agence québécoise de solidarité internationale (AQSI). Elle deviendrait le pendant québécois de l'Agence canadienne de développement international (ACDI).
Le Soleil a obtenu une copie du document que Jean-François Lisée tarde à rendre public pour des «motifs de stratégie politique», nous dit-on. Le ministre attendrait le «bon moment».
«La création d'une agence québécoise de solidarité internationale constitue une étape essentielle du renforcement de l'action de solidarité internationale du Québec», postule le rapport. Sa mise sur pied devratoutefois «s'accompagnerd'une approche de solidarité internationale plus structurée si l'on vise une action pérenne et efficace», ajoute-t-on.
Les membres de l'Association québécoise des organismes de coopération internationale et des représentants du ministère des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur ont planché pendant des mois sur ce document.
Les fonctionnaires du ministère de Jean-François Lisée y ont donc été associés de près. Les recommandations du document déposé sur le bureau du ministre en décembre n'ont pas pu surprendre ce dernier.
Les signataires recommandent qu'un projet de loi soit déposé ce printemps afin de donner vie à cette future Agence québécoise de solidarité internationale. Elle vivrait parallèlement à l'ACDI.
Elle viserait en partie à corriger les lacunes apparues au palier fédéral, selon eux. «Le changement d'orientation du gouvernement fédéral dans son aide au développement demande une intervention immédiate de la part du gouvernement du Québec», fait-on valoir.
La nouvelle organisation viserait à «préserver la richesse et la spécificité de l'expérience acquise depuis plus de quatre décennies dans ce domaine et à assurer une action continue auprès des organismes et des populations partenaires au Sud».
Selon le rapport du Comité sur la création d'une agence québécoise de solidarité internationale, la future organisation «ne devrait pas être exécutrice» des projets à mener. Elle devrait plutôt «soutenir» les organismes de coopération possédant l'expertise nécessaire à leur exécution.
Un os: le financement
Le rapport aborde à plusieurs reprises l'incontournable et très délicate question du financement. On souhaite qu'il atteigne de 10 à 12 millions $ par année d'ici trois ans. Pour le long terme, on vise un budget annuel d'au moins 50 millions $.
Dans le contexte budgétaire actuel, c'est la partie du document qui créerait des difficultés à Jean-François Lisée et à son gouvernement. Québec veut une ACDI québécoise, mais se questionne sur son financement.
Le ministère des Relations internationales du Québec serait bien sûr mis à contribution, mais pas seulement lui, d'après le rapport. Il suggère une augmentation de la part des revenus versés par Loto-Québec à la solidarité internationale, ainsi que la mise en place d'un Fonds d'investissement québécois de solidarité internationale.
Le ministre Lisée devrait commenter le rapport lorsqu'il le rendra public. La version obtenue par Le Soleil n'est pas la toute dernière, nous a-t-on précisé, «mais elle y correspond à 99,9 %».