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Le gros des critiques du rapport interne du ministère de la Défense porte sur le soutien technique fourni aux militaires par une autre entité fédérale, Services partagés Canada, une agence qui a repris la gestion de la plupart des systèmes fédéraux en août 2011.
Le gros des critiques du rapport interne du ministère de la Défense porte sur le soutien technique fourni aux militaires par une autre entité fédérale, Services partagés Canada, une agence qui a repris la gestion de la plupart des systèmes fédéraux en août 2011.

Un rapport déplore le manque de soutien des réseaux informatiques de l’armée

Lee Berthiaume
La Presse Canadienne
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OTTAWA - Un rapport interne du ministère de la Défense prévient que les opérations et la sécurité des Forces armées canadiennes pourraient être compromises en raison de problèmes majeurs liés à la construction et au soutien des réseaux informatiques.

Le rapport fait suite à un examen des systèmes de gestion de l’information et des technologies au ministère de la Défense, qui sont décrits comme «essentiels» au succès des opérations militaires et de la formation.

Cet examen a révélé un vaste ensemble de systèmes informatiques disparates à travers le ministère et les Forces armées, des systèmes qui étaient non seulement inefficaces et coûteux à entretenir, mais aussi souvent obsolètes.

Le gros des critiques du rapport porte sur le soutien technique fourni aux militaires par une autre entité fédérale, Services partagés Canada, une agence qui a repris la gestion de la plupart des systèmes fédéraux en août 2011.

Selon le rapport, presque tous les responsables de la défense et de l’armée qui ont participé à l’examen ont critiqué le temps qu’il a fallu à cette agence pour répondre aux demandes de soutien technique. Et dans certains cas, ces retards ont même nui aux opérations de l’armée.

Le rapport cite un cas dans lequel un serveur de messagerie tombé en panne pendant une mission non spécifiée au pays n’a pas pu être réparé tout de suite parce que le problème est survenu pendant la fin de semaine, alors que Services partagés n’avait pas de personnel de garde.

Six mois d’attente

Les auteurs du rapport ont également constaté qu’un quart des demandes de soutien technique adressées à l’agence centralisée restaient sans réponse après six mois. On souligne aussi que personne de l’agence en Europe ne pouvait aider les centaines de soldats canadiens qui y étaient déployés.

Si les problèmes étaient en partie attribués à un manque de ressources informatiques et de personnel appropriés, le rapport signalait également l’absence d’accord entre le ministère de la Défense et Services partagés Canada établissant des attentes claires en matière de soutien aux réseaux.

Sans un tel accord, les responsables de la défense et les militaires estiment que l’agence fédérale ne comprenait pas leurs besoins, mais n’était pas non plus tenue de réagir rapidement, «ce qui a eu pour effet d’exposer les clients à un risque élevé sur bon nombre de fronts, incluant la sécurité».

Les retards dans le soutien technique n’étaient pas le seul reproche adressé à Services partagés : la Marine a été choquée lorsque l’agence l’a obligée à retirer des équipements qui avaient augmenté la bande passante des navires de guerre.

Services partagés Canada a également cessé de prendre en charge certains systèmes de renseignement plus anciens, alors qu’ils étaient encore utilisés par l’armée de l’air, l’armée de terre et la Marine, selon le rapport récemment publié sur le site internet du ministère de la Défense.

Le porte-parole du ministère de la Défense, Daniel Le Bouthillier, a décrit lundi cet examen comme un «outil précieux» pour améliorer le soutien informatique, tout en défendant la relation du ministère avec Services partagés Canada. «Nous sommes également en train de revoir notre relation avec Services partagés Canada en mettant l’accent sur l’amélioration du modèle de prestation de services.»

Processus d’achats interminable

Le rapport interne visait également le système d’acquisition de l’armée, en difficulté, qui a fourni du matériel informatique avec une technologie inadéquate ou obsolète. Une mauvaise planification était en partie à blâmer pour les problèmes, mais le rapport a également mis en cause des niveaux de surveillance laborieux.

Bien que cette surveillance ait été décrite comme le résultat de dépassements de coûts et de retards sur des projets informatiques antérieurs, le rapport indique qu’elle a néanmoins créé de nouveaux problèmes dans la fourniture d’équipements modernes.

«Les processus complexes associés aux projets d’immobilisations et aux acquisitions sont très lents et lourds, sans compter qu’ils sont incapables de suivre l’évolution de la technologie», selon le rapport.

Ces retards - et leur impact potentiel sur les opérations - ont également été cités comme l’une des principales raisons pour lesquelles un large éventail de systèmes et de programmes informatiques couvre désormais différentes parties du ministère de la Défense et de l’armée.

Bien que cet éventail puisse répondre aux besoins quotidiens de l’armée, il s’est également avéré inefficace et coûteux.

À cette fin, les auteurs du rapport n’ont pas pu déterminer exactement combien le ministère de la Défense et l’armée dépensaient chaque année pour les services et le soutien informatiques, mais l’ont estimé à plus de 700 millions $.

En réponse au rapport, les hauts fonctionnaires ont déclaré qu’ils cherchaient des moyens de mieux calculer les dépenses annuelles en technologie de l’information et de résoudre les problèmes qui ont contribué dès le départ à la création de tant de systèmes.