L’ingénieur Laurent Lacombe a créé, avec son équipe de Creadditive, un violon avec la technologie d’impression 3D à la demande de l’Orchestre symphonique d’Ottawa. Une première pour un orchestre professionnel.

Un premier violon 3D créé pour l’Orchestre symphonique d’Ottawa

Un ingénieur de Québec, Laurent Lacombe a créé, avec son équipe de Creadditive, un violon avec la technologie d’impression 3D à la demande de l’Orchestre symphonique d’Ottawa. Une première pour un orchestre professionnel.

Tout en plastique, le violon 3D n’a rien à envier au prestigieux violon Stradivarius. Les sons sortent différemment, ils ne projettent pas autant qu’un violon en bois, mais les musiciens de l’Orchestre symphonique d’Ottawa ont apprécié jouer avec cet instrument futuriste, selon le concepteur. «Ils m’ont dit que c’était facile à jouer et qu’ils devaient être plus précis ce qui leur plaisait. Le violon 3D ne se désaccorde pas, il reste très juste contrairement à un violon traditionnel.»

Il a fallu plus d’un an de travail à Laurent Lacombe pour créer ce violon et de 60 à 100 heures pour l’imprimer. L’ingénieur est parti d’un violon en bois qu’il a numérisé. Il a ensuite modélisé le corps et le manche. Une fois imprimé, le violon a été assemblé par la luthière Charline Dequincey. Celle-ci a ajouté certains morceaux comme les cordes. Un violon 3D pèse environ 550 grammes, il est un peu plus lourd qu’un violon traditionnel.

Plusieurs essais

Il a fallu plusieurs essais à l’équipe de Creadditive avant d’arriver à un résultat satisfaisant. Le premier prototype a été imprimé en un seul morceau. Ce premier violon 3D a eu besoin de beaucoup de modifications. «Il était très épais, rigide, rugueux et le son était encastré. Il était également deux fois plus lourd qu’un violon traditionnel», explique Laurent Lacombe, qui par la suite, a imprimé différents morceaux pour des tests avant d’arriver au résultat final.

Le plus grand défi technique de monsieur Lacombe a été de trouver la bonne épaisseur du violon. «L’épaisseur du second prototype varie sur toute la surface, ça permet de donner le son à l’instrument et que les deux faces vibrent pour que le son se projette.» L’ingénieur a également créé des structures poreuses. «Dans le manche, on a une structure en forme de lamelle c’est-à-dire qu’on vient vider pour alléger. Dans le bas du violon, normalement, il y a un bloc qui est plein, là comme le plastique est déjà très rigide, il a fallu alléger», raconte-t-il.

Un concert inédit 

Le compositeur Harry Stafylakis a écrit la pièce Singularity, inspirée des films futuristes comme A.I. Intelligence artificielle de Steven Spielberg, spécialement pour l’octuor de violonistes. Le concert a été donné à l’hôtel de ville d’Ottawa, le 4 novembre, avec un octuor composé de quatre violons, de deux altos et de deux altos-violoncelles imprimés en 3D. Pour ce concert contemporain, les huit violonistes étaient accompagnés par l’Orchestre symphonique d’Ottawa au complet, sous la direction du chef d’orchestre Alain Trudel.

Est-ce que les violons 3D vont remplacer les violons en bois? Non, selon Laurent Lacombe, même s’il est possible de jouer toutes les sortes de musique avec un violon 3D. «La tradition est là pour rester. Mais il peut avoir une utilité pour rendre plus accessible l’instrument», fait-il valoir. Un violon 3D coûte environ 3000 à 4000 $, beaucoup moins cher qu’un violon en bois, dont les plus prestigieux peuvent valoir des centaines de milliers de dollars.