Les membres de la troupe huronne-wendat Sandokwa a ouvert le Pow Wow de Wendake. Rien ne les arrête, pas même la chaleur intense.

Un Pow Wow coloré [VIDÉO]+[PHOTOS]

Danses traditionnelles, artisanats et échanges culturels : le Pow Wow de Wendake a ouvert ses portes vendredi et se termine dimanche.

Vêtue d’habits confectionnés de cuir, de billes et de plumes, la troupe de danse Sandokwa Huronne-Wendat attend fébrilement. D’une voix mélodieuse et accompagnée d’un tambour, Kiara Gros-Louis commence à chanter. Avec trois danses expressives, distinguées et traditionnelles, cette troupe huronne-wendat ouvre le Pow Wow de Wendake. Malgré une chaleur intense, rien ne les arrête.

«On est sur un site sacré, le site du Pow Wow. C’est un cercle de danse qui pendant les trois prochaines journées va être utilisé pour les rituels et l’expression de chacune des nations», explique le Grand Chef Konrad H. Sioui de la nation huronne-wendat. Pour lui, cet évènement est synonyme de partage. «On veut offrir ce qu’on a de plus beau, montrer nos plus beaux habits, et en même temps, inviter tout le monde à faire partie du cercle», souligne-t-il. 

Même constat pour le directeur de la troupe de danse Sandokwa, Steeve Wadohandik Gros-Louis. «Les plus beaux moments de l’année, c’est quand on a le plaisir de danser dans le grand cercle pour démontrer la richesse de notre culture», confie-t-il. 

En plus d’être fier de présenter sa culture, il est très heureux de le faire en compagnie de ses enfants. 

«On va partout dans le monde pour montrer notre culture, c’est sûr qu’on danse toujours avec énergie, mais revenir danser chez nous, dans notre réserve, c’est un plus», indique son fils, Dewhata Gros-Louis.

À la dernière danse, la troupe invite ceux qui sont présents à se joindre à elle. Une trentaine de personnes se rassemblent autour du cercle et commencent à danser. «Les gens qui viennent danser avec nous dans le cercle de la vie et dans la danse de l’amitié nous apportent une vraiment belle énergie», explique Kiara Gros-Louis. L’inclusivité est au centre de cette célébration. 

«On veut faire un cercle universel où il n’y a pas de race, ni de couleur, ni de nationalités. On est tous des êtres humains sur une terre qu’on appelle la tortue, la grande tortue, qui est vivante et qui faut prendre soin», explique le Grand Chef Sioui.

On veut faire un cercle universel où il n’y a pas de race, ni de couleur, ni de nationalités», insiste le Grand Chef Konrad Sioui.

Un bilan positif

Cette année a été mouvementée, notamment avec la sortie du rapport de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées en mai. «Cette enquête vient fermer la boucle. Après les évènements d’Oka en 1990, on a eu une commission royale d’enquête, et le rapport est sorti en 1996. On parlait de “ healing ” pour tenter éventuellement de se réconcilier et de se guérir. Depuis ce temps-là, il y a eu plusieurs autres enquêtes subséquentes et on avait oublié qui ce qui était plus important encore : nos sœurs et nos filles disparues assassinées et il faut mettre la question du suicide aussi là-dedans», détaille le Grand Chef Sioui. 

Bien qu’il reste énormément de choses à faire, il croit que les différentes actions de cette année sont un bon pas vers l’avant. «Si on a un bilan à faire, je trouve ça très positif. Je ne voudrais pas m’enfermer dans le négativisme et la victimisation complètement parce que sinon je vais perdre la force. Il faut se lever, marcher et avancer. Il faut améliorer et entretenir nos alliances. C’est ça le Pow Wow, c’est l’alliance qu’on vient entretenir et qu’on vient partager», conclut-il. 

«Les plus beaux moments de l’année, c’est quand on a le plaisir de danser dans le grand cercle», s’enthousiasme le directeur Steeve Wadohandik Gros-Louis.