La sculpture Envie délectable de l’artiste Zoé Vincent suscite une certaine controverse à l’UQAC.
La sculpture Envie délectable de l’artiste Zoé Vincent suscite une certaine controverse à l’UQAC.

Un «popsicle» qui dérange à l’UQAC

Stéphane Bégin
Stéphane Bégin
Le Quotidien
Si l’étudiante au baccalauréat en enseignement des arts, Zoé Vincent, voulait obtenir de la visibilité pour son oeuvre Envie délectable, jugée osée, elle aura en partie réussi son pari.

Depuis quelques jours, le popsicle surdimensionné de l’artiste retient l’attention des étudiants, enseignants et du personnel de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). 

L’oeuvre rectangulaire de couleur rouge, sur laquelle coule une matière blanche, laisse toute la place à l’imagination d’un public qui n’est pas au courant de la démarche artistique de l’étudiante.

Là où le bât blesse, c’est que la sculpture n’a pas été placée au centre social de l’UQAC comme l’étudiante l’avait demandé. 

L’oeuvre a plutôt été installée au pavillon des arts avec l’approbation du directeur du programme, précise la direction de la maison universitaire.

« L’étudiante avait demandé à ce que son oeuvre soit placée au centre social ou rien du tout. Nous ne pouvions le faire et nous avons convenu avec le directeur du programme de la placer au pavillon des arts », explique Marie-Karlynn Laflamme, responsable des communications à l’UQAC.

« À la suite de notre décision, nous avons convenu d’en faire un débat public. Nous avons publié l’oeuvre sur notre page Facebook et nous demandons aux gens s’ils estiment qu’il s’agit d’une censure. Nous avons nous-mêmes choisi d’en faire un débat », ajoute Mme Laflamme.

L’artiste en désaccord

Il va sans dire que Zoé Vincent ne partage pas l’opinion de la direction de la maison d’enseignement supérieur. 

« Ma sculpture est un popsicle-revel. La saveur est à l’extérieur et la crème à l’intérieur », commence par dire l’artiste. 

« Sur ce, je ne suis pas d’accord avec la décision. Le monde des arts est souvent difficile à comprendre. Il arrive que ce soit compliqué. Ce que je recherche, c’est que l’art soit accessible et compris par tout le monde », mentionne l’artiste.

« C’est pour ça que je voulais que la sculpture soit placée au centre social. En mettant mon oeuvre au pavillon des arts, ça n’atteint pas mon objectif. Je n’ai pas à convaincre mes collègues du programme des arts. Ils connaissent ma démarche artistique et savent de quelle manière je travaille mes oeuvres, car nous en parlons entre nous », précise Zoé Vincent.

Pour le moment, l’étudiante au baccalauréat n’a pas l’intention de brasser davantage cette histoire. Elle dit ne pas avoir le temps voulu pour le faire étant donné que les étudiants se trouvent en période chargée d’études.

« Mais je ne dis pas que je ne reviendrai pas à la charge auprès de la direction de l’université afin que les dirigeants acceptent de placer mon oeuvre au centre social. L’affaire se discute beaucoup présentement et peut-être que ça pourrait amener un changement », dit-elle.

Mercredi, l’UQAC a placé une photographie de la sculpture controversée sur sa page Facebook en demandant aux internautes et à la communauté universitaire de s’exprimer. 

Pas une première

Ceci étant dit, Zoé Vincent n’en est pas à sa première oeuvre contestée. 

L’an dernier, elle avait produit un cornet de crème glacée à deux boules. L’oeuvre était présentée à l’envers et avait suscité une certaine controverse.

Des plaintes avaient été enregistrées et le recteur de l’UQAC avait pris la décision de déplacer cette oeuvre.