Le capitaine Jean-François Daigle a été amputé d'une jambe après avoir reçu quatre décharges électriques de 14 000 volts lors d'une intervention en avril 2012.

Un pompier de Québec veut revenir au combat malgré une amputation

Victime d'un grave accident de travail en 2012 au cours duquel il a perdu une jambe et a subi des brûlures sur 20 % de son corps, le capitaine Jean-François Daigle deviendrait le premier pompier amputé au Canada à revenir au combat.
Il y a deux ans à peine, jour pour jour, celui que tout le monde appelle Jeff Daigle, était amaigri et pouvait à peine marcher. Le 5 juillet 2012, après 77 jours cloués à son lit, il quittait l'unité des grands brûlés de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus pour une longue et éprouvante réhabilitation. 
«Ça a toujours été mon objectif de revenir au combat. Même sur mon lit d'hôpital. Certaines personnes m'ont dit que je ne devrais pas me faire trop d'idées. Moi, ça m'a donné du gaz», confie le pompier de 37 ans. 
Il se rappelle le temps passé sur Internet à lire les histoires de pompiers américains qui ont repris le boulot après des amputations. Ici même au Québec, M. Daigle cite le cas de Simon Mailloux, militaire amputé d'une jambe, qui est retourné en Afghanistan. Dès lors, il savait que c'était possible.
Selon ses recherches, il serait le premier pompier canadien amputé à retourner au feu. «Je retrouve mon ancien poste de chef aux opérations que j'ai occupé pendant deux ans. Je ne suis pas celui qui va entrer avec la hache, mais je peux être appelé à me rendre à l'intérieur parfois. Je suis considéré au même titre que tout autre membre de l'équipe», explique-t-il.
Pour cela, il doit se soumettre à une évaluation physique qu'il a confiance de passer haut la main. «Les médecins ont donné leur accord, et il n'y a pas de contre-indication. Je n'ai pas cessé de m'entraîner. L'hiver dernier, j'ai recommencé à patiner. Maintenant, je fais du vélo. À la maison, je fais des séances d'elliptique et des poids», donne-t-il en exemple.
Revenir de loin
Sa vie a basculé le 23 avril 2012. Une journée venteuse qui avait tenu les pompiers occupés. Le capitaine de la caserne 17 s'était rendu sur l'avenue Raymond-Blouin pour un début d'incendie. 
Un fil électrique qu'il n'a jamais vu était coincé dans un arbre. Il a reçu quatre décharges de 14 000 volts. Il doit la vie à ses collègues de la caserne Saint-Sauveur qui l'ont éloigné du fil, potentiellement mortel. Il prend toujours comme une victoire le seul fait d'être en vie. «C'est quasiment un miracle avec les décharges répétées que j'ai reçues.»
Inspiré par ses proches
Persévérant, il l'a été. Il avoue qu'il aurait pu réagir différemment aux blessures et à l'idée d'une amputation. «J'aurais pu ne pas l'accepter et me laisser aller. J'ai choisi de revenir en pensant à ma conjointe et mon enfant», ses deux sources d'inspiration.
Dès le départ, il n'a pas choisi la facilité. Son orthopédiste lui avait donné le choix d'amputer la jambe gauche au-dessus du genou pour une guérison plus rapide. Il a plutôt préféré garder l'articulation. Aujourd'hui, il s'en félicite parce que ça lui donne une plus grande mobilité.
Il est revenu au travail au printemps 2013 à la division des communications du service de protection contre les incendies. Il se donnait alors un an pour atteindre son but. Dans le domaine de la persévérance, le matricule 683 peut dire: mission accomplie.