Le Cap d’Espoir, le navire de recherche et sauvetage de la Garde côtière, est sur la terre ferme pour des réparations, après qu’il ait raclé le fond en tentant d'aider le crevettier Joneve, sur le point de s'échouer.

Un plus gros navire de la Garde côtière en Gaspésie dès 2020

La Garde côtière déploiera un plus gros navire à partir de 2020 pour assister la flotte de pêche de Rivière-au-Renard, en Gaspésie. Ce remplacement était prévu avant l’échouage du crevettier Joneve, en fin de semaine, que la Garde côtière n’a pas réussi à empêcher.

Le Cap d’Espoir, le navire de recherche et sauvetage basé à Rivière-au-Renard, mesure 14,7 mètres. Le Chantier naval Forillon, à Gaspé, est en train de construire les futurs remplaçants de ce type de navires, des vedettes de 19 mètres. C’est plus proche de la taille des crevettiers, qui font en moyenne de 20 à 24 mètres.

«On a comme objectif, en 2020, de positionner une de ces unités à Rivière-au-Renard», indique Stacy Dufour, responsable régional du sauvetage maritime à la Garde côtière. «Ça avait déjà été annoncé», ajoute-t-il.

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Samedi, le crevettier Joneve a subi un bris de gouvernail au large de Port-Cartier. Un autre crevettier l’a remorqué jusqu’à l’entrée du port de Rivière-au-Renard, où les câbles de remorquage ont cassé. Le Joneve a dérivé et s’est échoué sur les rochers. L’équipage de quatre hommes a été secoué par le vent et les vagues pendant quatre heures avant d’être évacué par un hélicoptère de la Défense nationale.

C’est seulement quand les câbles ont cassé que le bateau de la Garde côtière a quitté l’abri du port, dans l’intention de lancer un nouveau câble au Joneve. Il n’y est pas arrivé, et la coque du Cap d’Espoir a raclé les rochers deux fois, l’obligeant à retourner au quai.

Des pêcheurs ont reproché à la Garde côtière de ne pas être sortie du port plus tôt pour aider à la manœuvre de remorquage. Le Cap d’Espoir n’est pas non plus adapté à la taille de leurs crevettiers, jugent-ils.

«Pour stabiliser des situations qui risquent de s’envenimer, on va faire du remorquage. Mais notre mission première est de sauver des vies. Si un navire a besoin d’un remorquage, on va demander à un bon Samaritain ou à une compagnie privée de répondre à la demande», dit M. Dufour. Le Cap d’Espoir est «une unité adéquate pour répondre aux besoins», estime-t-il. 

Versions divergentes

M. Dufour affirme que l’équipage du Cap d’Espoir était prêt à quitter l’abri du port avant le bris des câbles. «Le plan était que notre unité allait sortir pour aider à remorquer le Joneve à quai et accoster. Tout le monde était confortable avec ça», dit-il.

Le Joneve était «à une couple de milles au large» quand les câbles de remorquage ont cassé, ajoute M. Dufour. Le Cap d’Espoir s’apprêtait à sortir du port, indique-t-il.

C’est faux, rétorque le capitaine Martin Paré, qui tenait la barre du crevettier JD Caroline Kristine, le remorqueur du Joneve. Le Joneve était à un maximum de 100 pieds (30 mètres) du quai lors du bris des câbles. Avant le bris, la Garde côtière a signifié aux capitaines qu’elle allait rester à l’intérieur du port, rapporte M. Paré. «Ce sont des conversations enregistrées à la Garde côtière», mentionne-t-il.