À droite, Jonathan Roy, propriétaire de la Distillerie Fils du Roy.

Un pastis aux saveurs québécoises

Le pastis, boisson alcoolisée du sud de la France inventée par Paul Ricard en 1932, a maintenant son équivalent québécois avec La Grande Hermine, de la Distillerie Fils du Roy située à Saint-Arsène. Il s’agit du premier pastis québécois, qui est à découvrir aux Fêtes de la Nouvelle-France jusqu’à dimanche.

Le propriétaire de la distillerie, Jonathan Roy, n’a pas choisi le nom de son pastis au hasard. Si vous connaissez l’histoire, il vous dit certainement quelque chose. Un petit indice, il y a un rapport avec la Nouvelle-France.

Vous avez trouvé? La Grande Hermine était le bateau de Jacques Cartier lors de son deuxième périple vers la Nouvelle-France. «Pour traverser l’océan Atlantique, les navigateurs chargeaient la cale de leurs bateaux avec des roches et du sable afin de stabiliser les navires. Une fois rendus sur le fleuve Saint-Laurent, ils jetaient par-dessus bord les roches et le sable», explique Jonathan Roy.

Ce délestage a contribué à l’introduction de certaines plantes, comme le carum carvi, sur le bord du fleuve. Tout en respectant les normes du pastis marseillais, Jonathan Roy a introduit le carum carvi, que l’on retrouve aujourd’hui à Mont-Carmel au Kamouraska et de l’agastache, cultivée à même les jardins de la distillerie à Saint-Arsène. On retrouve également de l’anis étoilé, de l’anis vert, du fenouil, de la réglisse et de la vanille.


« «Si on se compare avec le Ricard, on a suivi la norme de Marseille, sauf que chez nous, on ne voulait pas ajouter de sucre, ni de colorant ou du caramel. On voulait un pastis 100% naturel avec uniquement des plantes en macération qui ont été distillées.» »
Jonathan Roy, propriétaire de la Distillerie Fils du Roy

Une tradition familiale

Avant de se lancer dans le pastis, M. Roy, dont la famille tient une distillerie au Nouveau-Brunswick, a lancé avec sa conjointe deux produits issus de la distillerie acadienne: une absinthe, La Courailleuse et un gin, Gin thuya, mais avec des ingrédients du terroir du Québec. «On utilise la même recette, mais les ingrédients québécois vont donner une légère variation du goût. Si le jeudi on goûte le gin du Nouveau-Brunswick et le vendredi le gin du Québec, on ne verra pas la différence, mais si on les goûte côte à côte, on peut voir la différence que le terroir apporte au produit. C’est très intéressant pour les amateurs de spiritueux qui aiment déguster les différences», souligne-t-il. 

L’idée de la Distillerie Fils du Roy est née à Caraquet, au Nouveau-Brunswick, durant une réunion de famille en 2011. Jonathan Roy, qui vit au Québec, ne pouvait pas vraiment participer à l’aventure. «En 2014, pendant les Fêtes, nous avons discuté d’une éventuelle expansion, et le 1er juin 2015, nous avons obtenu tous les permis requis pour opérer une distillerie à Saint-Arsène au Québec», confie-t-il.

La microdistillerie québécoise n’entend pas s’arrêter là et une nouvelle boisson devrait voir le jour dans les prochains mois. «Depuis un an, on apprivoise deux ingrédients pour un futur spiritueux: la bourrache, qui est légèrement anisé avec un petit goût de concombre et la livèche, qui a un petit goût de céleri.» 

À partir du 11 août, la distillerie ouvrira ses portes, tous les samedis, pour vendre ses produits et expliquer la fabrication des spiritueux.