Monique Maltais, coordonnatrice au Centre de parrainage civique de Québec, et son équipe

Un parrain pour briser l'isolement

Installé dans la capitale depuis 1980, le Centre de parrainage civique de Québec (CPCQ) est toujours à la recherche de parrains et de marraines pour créer des liens avec des personnes ayant des problèmes de santé mentale, une déficience intellectuelle ou un handicap physique.
«Présentement, nous avons 105 jumelages actifs et 75 personnes en attente de jumelage», explique Monique Maltais, coordonnatrice de l'organisme ayant ses locaux aux Halles Fleur de Lys. Né dans les années 60 à l'initiative du psychologue germano-américain Wolf Wolfensberger, le concept du parrainage civique ressemble beaucoup à celui du mouvement des Grands frères et Grandes soeurs, mais avec une clientèle adulte aux prises avec certaines problématiques.
«L'idée est de faire avec le "filleul" des activités et des sorties, de créer avec lui un lien pour qu'il puisse mieux s'intégrer à la société. Car le but est aussi d'inciter ces personnes à la participation citoyenne, à développer leur pouvoir d'agir dans leur vie», indique Mme Maltais, donnant l'exemple d'une cliente qui voulait louer un appartement.
«Lors de sa première visite, les meubles fournis étaient neuf, mais lors de la prise de possession de l'appartement, ils avaient été remplacés par des meubles plus vieux et de moins bonne qualité. Le parrain avait alors aidé le filleul à faire valoir ses droits auprès du propriétaire», souligne la coordonnatrice.
Celle-ci indique d'ailleurs que la mission de l'organisme a changé depuis son lancement, alors que les filleuls étaient plutôt appelés «protégés». «Maintenant, on n'est plus dans la prise en charge, mais vraiment dans un concept d'écoute et d'accompagnement qui vise à redonner aux gens leur autonomie.»
L'âge moyen des clientèles desservies a aussi diminué au fil des années puisque les problèmes de santé mentale sont maintenant diagnostiqués plus tôt. «Nous avons beaucoup de jeunes de 20, 25, 30 ans, beaucoup d'universitaires qui vivent de l'anxiété, la dépression ou des crises de panique», poursuit Mme Maltais.
Besoins criants
Les besoins en bénévoles sont criants tout au long de l'année mais sont davantage mis en lumière durant la période des Fêtes, où les liens entre le parrain et le filleul sont encore plus importants pour briser l'isolement. «On calcule que nos parrains voient leurs filleuls 48 semaines par année à raison d'une sortie par semaine. Ils se téléphonent également et, durant les Fêtes, certains sont même intégrés à la famille de leur parrain. Il y a vraiment de belles histoires de jumelage», souligne Monique Maltais.
En poste depuis 28 ans, Mme Maltais est appuyée dans sa mission par trois intervenants sociaux, une secrétaire et quelques stagiaires, une équipe dont la mission est de superviser les jumelages et d'apporter une aide aux parrains et filleuls.
Le concept du CPCQ a même fait des petits ailleurs dans le monde puisque c'est avec ce modèle québécois que l'organisme Ricochet, à Bruxelles, est né il y a 20 ans. «Nous nous sommes rendus là-bas pour les aider à démarrer à l'époque avec notre modèle de jumelage et nous avons gardé des liens entre nos deux organismes depuis ce temps», conclut la coordonnatrice, démontrant que le jumelage peut aussi profiter aux organismes.