Actuellement, les radars photo fixes utilisés au Québec surveillent la vitesse, le respect des feux rouges ou les deux sur un site ciblé en raison de sa dangerosité.

Un nouveau type de radar photo envisagé

Les fonctionnaires du ministère des Transports du Québec (MTQ) étudient la possibilité d’installer un nouveau type de radar photo le long des routes de la province. Les «radars tronçons», fréquemment utilisés en Europe, calculent la vitesse moyenne d’un véhicule sur un segment de route contrôlé plutôt qu’à un endroit précis. Ceux qui dépassent globalement la limite de vitesse affichée reçoivent un constat d’infraction.

Gervais Corbin, expert en sécurité routière au MTQ, a dressé un bilan et donné les perspectives de l’utilisation des radars photo au Québec, mardi, lors du congrès de l’Association québécoise des transports (AQTr) qui se tient à Québec.

Une cinquantaine de cinémomètres ont été déployés sur le réseau routier québécois depuis 2009. Les modèles fixes surveillent la vitesse, le respect des feux rouges ou les deux sur un site ciblé en raison de sa dangerosité. Les mobiles, montés dans une fourgonnette ou sur une remorque, peuvent être déplacés le long d’une route ou dans un quartier. 

En prévision de la troisième phase de déploiement, dont la date n’est pas arrêtée, trois nouveaux modèles ont été spécifiquement analysés, a expliqué M. Corbin. 

Les radars tronçons sont constitués de deux bornes, dont l’une se trouve au début et l’autre à la fin de la zone surveillée. Les appareils détectent tous les véhicules entrants, prennent une photographie de la plaque d’immatriculation et lui associent une heure de passage précise à la seconde près. Même chose à la sortie du tronçon. 

Le temps mis pour circuler entre les deux points est divisé par la distance parcourue afin de donner la vitesse moyenne de circulation. Si elle surpasse la limite de vitesse permise, un constat d’infraction est émis et les photos sont jointes à titre de preuve. 

M. Corbin considère que «c’est une technologie intéressante pour le futur». Elle permet d’éviter que les automobilistes roulent vite, ralentissent devant un cinémomètre annoncé, puis accélèrent à nouveau sans intégrer la limite de vitesse. 

«Radars embarqués»

Le spécialiste du MTQ a affiché plus de retenue face aux «radars embarqués», aussi utilisés en Europe. Installés sous la plaque d’immatriculation située à l’avant d’une voiture de police banalisée, ces appareils permettent de capter les infractions des véhicules circulant dans les deux sens de la circulation, de les coupler avec les coordonnées géographiques GPS et d’y associer un cliché. Les manœuvres dangereuses et les grands excès de vitesse sont particulièrement ciblés. 

«Pour le Québec, ça a moins d’intérêt parce qu’on a le principe qu’on avise d’avance les usagers. Dans ce contexte-là, c’est un peu difficile», a fait remarquer M. Corbin. 

En France, le gouvernement considère qu’il respecte l’idée du préavis puisque les opérations sont annoncées par communiqué de presse et sur les médias sociaux. 

Enfin, il serait éventuellement possible de remplacer les radars photo fixes aux intersections par des «semi-fixes». Actuellement, le respect des feux rouges et la limite de vitesse sont contrôlés dans un sens seulement. Avec un radar photo qui peut être décroché puis réinstallé temporairement dans un autre angle, tous les angles seraient couverts par intervalles. «Ce sont des choses qu’on va regarder», a souligné l’expert du MTQ. 

Le ministre André Fortin, titulaire du portefeuille des Transports, a indiqué mardi que la réflexion reste à faire sur les types de radars photo à ajouter sur les routes du Québec. «C’est pas quelque chose qui a été discuté du tout depuis mon arrivée», a-t-il dit. 

Le politicien a plutôt concentré ses énergies à combler les failles dans la présentation de la preuve amassée par les radars photo, qualifiée de «non probante» par la Cour du Québec en novembre 2016. Un projet de règlement a été concocté et précise les conditions de validation et de vérification des appareils, sources du problème juridique. 

Le projet de loi sur la réforme du Code de la sécurité routière prévoit également qu’une photo prise par un cinémomètre «est admissible en preuve dans toute poursuite pénale pour la sanction d’une infraction à une limite de vitesse». Le lieu de l’infraction, le jour, l’heure, la vitesse du contrevenant et la limite de vitesse doivent être joints au cliché. 

Ces ajustements administratifs devraient permettre d’ici l’été la reprise de la signification des constats d’infraction constatés par les radars photo. La distribution a quasiment cessé depuis la fin de 2016 alors que les contraventions se comptaient auparavant par milliers tous les jours. 

Le gouvernement du Québec anticipe d’ailleurs un déficit de 19 millions $ dans le programme pour l’année financière 2017-2018, selon des données révélées mardi par Radio-Canada.