Gestionnaire du chantier et de l'édifice de la Maison Loyola, la Fondation Jules-Dallaire louera le bâtiment historique rénové à la Maison Dauphine pour la somme symbolique de 1 $ par an pour les 30 prochaines années, afin qu'elle y dispense ses services, dont l'école de la rue.

Un nouveau toit en janvier pour la Maison Dauphine

Les jeunes de la rue qui fréquentent la Maison Dauphine pourront investir les locaux tout neufs de la Maison Loyola dès janvier. Les rénovations colossales apportées à l'édifice bicentenaire de la rue D'Auteuil acheté par la Fondation Jules-Dallaire avancent maintenant à vitesse grand V.
À l'abandon depuis qu'un mur s'est affaissé en 2000, la maison qui a abrité les bars le D'Auteuil et la Fourmi Atomik change de visage.
Si d'importants travaux intérieurs étaient moins visibles, les passants peuvent dorénavant cons­tater que la toiture, le revêtement et la fenestration donnent bonne mine au bâtiment qui a eu pendant des années des airs de maison hantée.
«Ce sera extraordinaire», lance la directrice générale de la Maison Dauphine, Huguette Lépine. Elle confirme que la Maison Loyola accueillera dès janvier les services de Dauphine et particulièrement l'école de la rue qui permet à des jeunes «marginaux» de 12 à 24 ans de raccrocher au système scolaire.
La Fondation Jules-Dallaire a ache­té en 2009 au coût de 700 000 $ l'édifice de style néo-gothique datant de 1824. Comme il s'agit d'un monument classé historique, la Ville de Québec et le ministère de la Culture ont versé une subvention de 5,3 millions $ pour l'ensemble des travaux effectués dans les normes en matière de conservation de biens culturels.
Gestionnaire du chantier et de l'édifice, la Fondation Jules-Dallaire s'est engagée à louer le bâtiment à la Maison Dauphine pour la somme symbolique de 1 $ par an pour les 30 prochaines années.
«C'est une façon de continuer le travail de mon père Jules qui a toujours supporté la Maison Dauphine», explique Michel Dallaire, président et chef de la direction de Cominar. La firme n'est toutefois pas impliquée dans l'aventure qui est plutôt une initiative de la famille Dallaire.
La Maison Dauphine est présentement logée dans un immeuble voisin de la Maison Loyola appartenant aux Jésuites. Mais la directrice Huguette Lépine ne ca­che pas que l'organisme y est ren­du à l'étroit. «Les nouveaux locaux seront très fonctionnels, se réjouit-elle. On ajoute des salles de clas­se , des salles multifonctionnelles pour les jeunes. On va être plus ensemble, ce sera génial. Tout a été pensé en fonction des besoins de la Dauphine.»
Chantier compliqué
Maintenant que les travaux «avan­cent bien et que l'enveloppe est pas mal réglée», Michel Dallaire reconnaît que rénover de fond en comble un bâtiment aussi abî­mé dans un secteur si complexe n'a pas toujours été de tout repos. «L'édifice était très magané, plus qu'on ne le pensait, relate-t-il. Des murs étaient sur le point de tomber, le toit menaçait de s'effondrer. Il y a eu beaucoup d'interventions pour supporter la structure.»
M. Dallaire ne cache pas que le caractère historique de la Maison Loyola pourrait occasionner jus­qu'à 400 000 $ de coûts supplémentaires que la Fondation épongera. Mais, pour lui, le jeu en vaut la chandelle. «Permettre à des jeunes de se reprendre en main, c'est le plus beau cadeau qu'on peut leur faire», conclut Michel Dallaire.