Le ministre Jean Boulet a annoncé la mise en place d’un projet pilote pour le Bas-Saint-Laurent, unique au Québec, qui propose un nouveau mode de rémunération des travailleurs en aménagement forestier.

Un nouveau mode de rémunération unique au Québec

RIMOUSKI — Mis de l’avant au Bas-Saint-Laurent, un projet pilote unique au Québec transformera le mode de rémunération des travailleurs en aménagement forestier. Ceux qui participeront au projet recevront un salaire horaire, du jamais-vu puisque, traditionnellement, les ouvriers sylvicoles sont payés selon leur productivité. C’est le ministre Jean Boulet qui en a fait l’annonce, mardi, à Rimouski. Celle-ci était assortie d’un soutien financier de près de 3,2 millions $ provenant de trois ministères.

Cette somme est accordée au Collectif régional de développement (CRD) du Bas-Saint-Laurent, qui assure la mise en place du programme d’une durée de trois ans. Celui-ci est mené auprès de 100 candidats œuvrant dans cinq entreprises de la région. Le projet vise à améliorer les conditions salariales des travailleurs et à contrer la rareté de la main-d’œuvre dans le secteur forestier. «Il va permettre d’attirer, de développer les qualifications et de retenir les travailleurs dans un secteur de l’économie du Québec extrêmement important», soutient le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

Si Québec a choisi le Bas-Saint-Laurent, c’est à cause de la concertation. «Il y a eu une table sectorielle, mentionne M. Boulet. Ça a été réfléchi par plusieurs acteurs et partenaires du marché du travail.»

Trois volets

Le programme se décline en trois volets. Le premier vise les ouvriers débutants qui recevront une rémunération à taux horaire. Le deuxième concerne les ouvriers expérimentés qui seront rémunérés selon une formule mixte composée d’une base salariale garantie et d’une prime au rendement. Le troisième volet, qui s’adresse aux ouvriers proches de la retraite, offrira une rémunération à taux horaire représentant 90 % de leur moyenne de production des trois dernières années. À ces formules s’ajouteront de la formation et des avantages sociaux comme des congés mobiles, une prime à la polyvalence et la participation à un régime enregistré d’épargne retraite (REER).

Le président du CRD du Bas-Saint-Laurent a rappelé que la forêt représente le troisième secteur économique en importance de la région. «Ce projet fait déjà des jaloux dans d’autres régions, croit Francis St-Pierre. Je suis persuadé qu’on va devenir une référence et que ce projet sera exporté partout dans les autres régions.»

Le travailleur sylvicole Réjean Hudon, qui est l’un des candidats au programme, accueille avec enthousiasme le nouveau mode de rémunération proposé aux trois catégories de travailleurs. «Il y a beaucoup d’avantages rattachés à ça, comme les REER et les journées flottantes, se réjouit-il. On va avoir un petit quelque chose à la fin.»

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LA MAIN-D'OEUVRE FORESTIÈRE

  • 3000 ouvriers sylvicoles au Québec
  • 400 ouvriers sylvicoles au Bas-Saint-Laurent
  • 50 % des travailleurs ont 55 ans et plus
  • 45 % d’ouvriers forestiers de moins (2008-2016)
  • 10 % de départs annuels 245 postes vacants (2019)