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Le modèle réduit de l’œuvre d’art détruite par le Cégep de Sainte-Foy dans une cour de l’île d’Orléans
Le modèle réduit de l’œuvre d’art détruite par le Cégep de Sainte-Foy dans une cour de l’île d’Orléans

Un modèle réduit de l’œuvre d’art détruite par le Cégep de Sainte-Foy dans une cour de l’île d’Orléans

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
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En ouvrant nos courriels mercredi, un a attiré notre attention : «J’ai lu avec intérêt votre article ce matin sur la disparition scandaleuse de la sculpture de Danielle Roux [au Cégep de Sainte-Foy]», nous a écrit un lecteur de l’île d’Orléans. «La consolation pour la famille, c’est que l’oeuvre de leur mère vit toujours et que moi, je l’admire à tous les jours depuis 14 ans…»

L’homme a un nom célèbre : Denis Villeneuve. Mais il ne réalise pas des films hollywoodiens. Il écoule plutôt sa retraite sur la grande île voisine de Québec, dans la maison qu’il a retapée au fil des ans.

Mercredi, donc, il a eu une surprise en consultant Le Soleil : sur la photo accompagnant un article figurait une œuvre d’art public détruite parce que laissée à l’abandon depuis nombre d’années par le Cégep de Sainte-Foy.

Pourtant, M. Villeneuve voit cette sculpture par sa fenêtre! «J’en ai pris possession il y a 14 ans lorsque mes parents sont partis en résidence pour personnes âgées.»

Au téléphone, l’amateur d’art nous explique que sa famille a longtemps vécu dans Limoilou. Et que le paternel, soudeur, a bossé dans quelques «shop» de la capitale. Dont celle où s’est rendue l’artiste Danielle Roux pour faire produire sa sculpture.

Carmel a reçu le mandat. «Il a toujours été fier d’avoir participé à la conception de cette oeuvre. Nous on a grandi en l’ayant sous les yeux régulièrement. Elle fait partie de la famille.»

Le fils Denis pensait que son père, décédé à 91 ans en juillet, avait d’abord réalisé de son propre chef un modèle réduit «à l’échelle» pour se pratiquer. Après vérification auprès de sa mère de 92 ans, ce serait plutôt la jeune artiste qui lui aurait commandé une première version plus petite. Pièce qu’elle aurait ensuite offerte à l’ouvrier qui a donné vie à sa vision.

Habitué des galeries et musées, Denis Villeneuve a hérité de la reproduction de la sculpture géante. Sans savoir qui l’avait créée : «C’est la première fois aujourd’hui que je peux mettre le nom de l’artiste sur la sculpture que mon père a soudée.»

Il garde également un autre souvenir lié l’œuvre d’art : «Mme Roux avait donné un genre de carafe de vin à mon père pour le remercier. Je l’ai encore! Ça fait partie de l’histoire de la création de la sculpture.»

Collaborer à la renaissance

Denis Villeneuve n’a pas l’intention de se départir de la reproduction. «C’est sûr que je la conserve. […] Mon père a participé à la fabrication. Ça fait partie de l’héritage familial.»

Il offre toutefois sa collaboration aux proches de Danielle Roux s’ils veulent s’en servir pour en ériger une nouvelle version.

Le cinéaste Richard Lavoie, ancien conjoint de l’artiste avec qui il a eu trois enfants, est aux anges : «Quelle extraordinaire nouvelle pour nous. Nous cherchions partout cette maquette en métal.» Il espère que les autorités se serviront du modèle pour redonner vie à la sculpture originale.

Le propriétaire de la reproduction, Denis Villeneuve, est cependant peu ouvert à collaborer avec le Cégep de Sainte-Foy qui a négligé la sculpture jusqu’à sa démolition. «Je trouvais ça épouvantable que le Cégep ait eu cette œuvre et ne l’ait pas entretenue. […]  Si le Cégep qui enseigne l’art n’a pas eu la décence de prendre soin de l’original, il ne mérite sûrement pas le modèle réduit.»