La Ville de Québec doit déménager ses 6000 à 9000 objets patrimoniaux logés dans la Réserve muséale, et cherche depuis plus d'un an l'emplacement idéal. Les étages du Séminaire, fraîchement rénovés et à louer, s'avèrent tout désignés, croit le professeur en archéologie Réginald Auger.

Un mégacentre en archéologie se dessine à Québec

Le projet d'un mégacentre en archéologie, où les collections d'artéfacts de la Ville de Québec et de Parcs Canada seraient regroupées, se dessine. La poterie, les ustensiles et autres témoins de l'histoire de la Nouvelle-France dans la capitale pourraient se retrouver au Séminaire de Québec, là où l'Université Laval a déjà ses laboratoires d'archéologie.
C'est d'ailleurs son responsable, le professeur titulaire Réginald Auger, qui est derrière cette idée qu'il peaufine depuis déjà un an. «Ce n'est pas un entrepôt que je veux», tranche d'entrée de jeu celui qui croit qu'une collection d'objets qui n'est pas mise en valeur - et à profit - est tout simplement vouée à la mort.
Il imagine plutôt un centre, voire un institut, où les artéfacts seraient étudiés à la fois par les professionnels de la municipalité et du gouvernement fédéral qui y sont attachés, mais également par les apprentis archéologues de l'Université Laval qui bénéficieraient de cet environnement de choix pour mettre à profit leurs nouvelles connaissances.
D'autant plus que la Ville de Québec doit déménager ses 6000 à 9000 objets patrimoniaux qui sont présentement en résidence dans la Réserve muséale de Québec, qui appartient au gouvernement provincial. Depuis plus d'un an, elle cherche l'emplacement idéal pour les accueillir. Ainsi, les étages supérieurs du bâtiment de la rue de la Vieille-Université, fraîchement rénovés et à louer, s'avèrent tout désignés. La conseillère Julie Lemieux avait confirmé au Soleil ce printemps qu'elle se penchait sur cette option. Une étude de faisabilité a prouvé qu'elle est viable, souligne Réginald Auger.
Le cas de Parcs Canada est plus délicat. L'agence fédérale avait annoncé en 2012 qu'elle transférait sa collection de cinq millions d'artéfacts de Québec en Ontario, une annonce qui avait soulevé un tollé. Pour tenter de calmer la grogne, Ottawa a finalement consenti à ce que les objets, qui dorment dans des boîtes d'un entrepôt de Beauport, demeurent dans la province, mais déménagés à Gatineau. L'opération doit avoir lieu dans un échéancier de deux à cinq ans. 
Or, le vent semble avoir quelque peu tourné et les fonctionnaires de Parcs Canada tendent désormais l'oreille lorsque Réginald Auger et ses partenaires évoquent le projet au Séminaire de Québec. Un représentant de l'agence devrait même visiter les installations cet été. «Ça leur enlèverait une épine du pied», souligne l'archéologue. Sans crier victoire trop vite, il se permet tout de même d'imaginer que la chose est possible. «Mon intention, ce n'est pas de bâtir un empire, mais ça serait formidable d'avoir un tel endroit sur le cap Diamant», fait-il valoir.
Une nouvelle vie
Ça ne s'arrête pas là. Le professeur compte bien joindre le programme d'archéologie durable mis sur pied par les universités McMaster et Western grâce à la Fondation canadienne pour l'innovation. L'initiative permet aux artéfacts d'exister non seulement dans les laboratoires d'archéologie et les vitrines de musées, mais également sur la toile. Numérisés, les objets acquièrent ainsi une nouvelle vie grâce à leur catégorisation comparable à un dossier médical. «On peut aller plus loin dans l'exploitation de l'information», explique M. Auger, visiblement excité par cette perspective d'avenir pour les objets d'hier.