L’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) a annoncé lundi le lancement d’un essai clinique afin de déterminer l’efficacité et l’innocuité d’un nouveau médicament.
L’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) a annoncé lundi le lancement d’un essai clinique afin de déterminer l’efficacité et l’innocuité d’un nouveau médicament.

Un médicament prometteur pour le traitement de la COVID-19 testé à l’IUCPQ

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
L’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) a annoncé lundi le lancement d’un essai clinique afin de déterminer l’efficacité et l’innocuité d’un nouveau médicament qui pourrait s’avérer prometteur pour le traitement de la COVID-19. 

Actuellement, aucune molécule ne traite efficacement les complications liées à la COVID-19. Les résultats de l’étude Solidarity, chapeautée par l’Organisation mondiale de la santé, ont démontré vendredi que les quatre médicaments envisagés pour le traitement de la maladie, soit le remdésivir, l’hydroxychloroquine, le lopinavir et l’interféron, ne fonctionnaient pas.

«En attendant l’arrivée d’un possible vaccin, il faut absolument qu’on trouve des alternatives et des nouvelles molécules pour traiter la maladie», souligne en entrevue au Soleil le Dr François Lellouche, intensiviste à l’IUCPQ.

Une de ces molécules pourrait être l’ozanimod, un médicament habituellement utilisé pour le traitement de la sclérose en plaques et de certaines maladies inflammatoires du tube digestif. 

L’ozanimod, qui agit comme un modulateur de la réponse inflammatoire, ciblerait plus particulièrement l’inflammation des vaisseaux pulmonaires, souvent observée dans les cas graves de COVID-19 et qui augmente le risque de thrombose et d’œdème pulmonaire, explique le Dr Lellouche.

C’est le Dr David Marsolais, chercheur à l’IUCPQ et professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval, qui a parlé de cette molécule prometteuse au Dr Lellouche le printemps dernier. 

«Ça fait des années que le Dr Marsolais étudie le médicament, surtout sur des modèles animaux, et le médicament diminuait très rapidement l’œdème pulmonaire chez des modèles animaux» infectés par la grippe, précise le Dr Lellouche. 

Relativement simple à produire

Selon lui, le médicament serait relativement simple à produire, plus que ne le sont des traitements comme les anticorps monoclonaux, par exemple. 

L’essai clinique COZI a reçu les approbations nécessaires de Santé Canada pour l’utilisation de l’ozanimod dans le traitement de la COVID-19. Le médicament sera testé sur 48 patients de l’IUCPQ sous oxygène.

Par tirage au sort, la moitié des participants à l’étude recevra la médication habituelle pour le traitement de la COVID-19, principalement composée de corticoïdes, et l’autre recevra à la fois des corticoïdes et l’ozanimod pendant un maximum de 15 jours. 

«Tous les jours, on va vérifier le niveau de support respiratoire des patients», explique le Dr Lellouche, précisant que trois patients de l’IUCPQ ont jusqu’à maintenant été inclus dans l’étude. 

L’intensiviste souhaite que la molécule soit testée à plus large échelle dans au moins trois autres centres hospitaliers québécois et éventuellement ailleurs au Canada «pour qu’on puisse avoir la réponse plus vite» quant à son efficacité et son innocuité.