Le jeune Emad Mishko Tamo, 13 ans, a rencontré à Winnipeg le premier ministre Justin Trudeau en compagnie de son oncle Haji Tamo (à gauche) et du président de l'Association des Yézidis du Manitoba, Khalil Hesso.

Un jeune réfugié yézidi atteint son but de rencontrer Trudeau

WINNIPEG — Un jeune réfugié yézidi qui avait été tenu en otage pendant trois ans en Irak a réalisé son souhait de rencontrer Justin Trudeau, en se présentant à une assemblée publique du premier ministre à Winnipeg.

Emad Mishko Tamo, âgé de 13 ans, était apparu sur une vidéo de l'Association des Yézidis du Manitoba dans laquelle il exprimait son souhait de rencontrer le premier ministre Trudeau.

Un porte-parole du groupe a affirmé qu'il n'avait jamais eu de réponse de la part de M. Trudeau, donc ses membres ont essayé de provoquer une rencontre lors de l'assemblée qui avait lieu à l'Université du Manitoba, mercredi.

Lorsque le jeune Emad est arrivé sur les lieux avec son oncle, des employés de M. Trudeau sont allés les voir et les ont amenés dans un vestiaire, où ils ont rencontré le premier ministre pendant environ cinq minutes, a relaté Hadji Hesso.

L'adolescent a été réuni avec sa famille à Winnipeg l'an dernier après que l'un de ses proches eut aperçu sur les réseaux sociaux sa photo prise dans un camp de réfugiés.

M. Hesso a indiqué que le groupe aurait espéré un plus long entretien avec M. Trudeau, pour qu'Emad lui parle davantage de sa volonté que le Canada accueille plus de réfugiés, et plus de Yézidis.

«Ce n'était pas la rencontre que nous attendions. Mais avec un peu de chance, ce ne sera que le début», a déclaré M. Hesso, qui est porte-parole de la famille.

«Nous avons demandé une autre rencontre pour discuter de plus de détails — si possible à Ottawa — mais rien n'a encore été confirmé.»

Emad Mishko Tamo avait été séparé de sa famille en 2014, lorsque Daech (le groupe armé État islamique) a pris le contrôle d'un territoire de l'Irak, ce qui avait forcé des milliers de Yézidis à fuir leur région. Il a été libéré l'an dernier dans la ville de Mossoul.

Dans la vidéo du groupe yézidi, Emad tenait une pancarte sur laquelle il était écrit qu'il remerciait le Canada et qu'il voulait devenir le porte-parole de tous les autres enfants yézidis qui sont toujours tenus captifs.

Il demandait aussi de rencontrer le premier ministre Trudeau.

Une courte rencontre

Hadji Hesso a raconté qu'il était arrivé à l'université tôt, où il a attendu Emad, son oncle et un autre représentant du groupe. Le plan n'était pas compliqué : il fallait essayer de trouver le premier ministre.

Mais M. Hesso a reçu un message texte l'informant qu'Emad était déjà en compagnie de Justin Trudeau.

Pendant la courte rencontre, Emad a énuméré à M. Trudeau une liste des enjeux auxquels devrait s'attaquer le gouvernement selon lui.

«Emad était excité», a souligné M. Hesso.

«Nous aurions espéré quelque chose de mieux, de plus long et de plus détaillé», a-t-il toutefois nuancé.

Un jour avant la rencontre, la députée conservatrice Michelle Rempel avait critiqué M. Trudeau pour ne pas avoir répondu à la demande d'Emad, ajoutant que le premier ministre avait pourtant rencontré l'otage Joshua Boyle.

M. Boyle et sa famille ont été secourus au Pakistan en octobre après plus de cinq ans de captivité en Afghanistan. Moins de deux semaines après leur rencontre avec le premier ministre Trudeau, Joshua Boyle a fait face à 15 chefs d'accusation, dont huit chefs de voies de fait et deux chefs d'agression sexuelle.

Motion à Ottawa

La Chambre des communes a adopté à l'unanimité en 2016 une motion qualifiant la persécution des Yézidis de génocide et dans laquelle le gouvernement s'était engagé à accueillir des femmes et des filles réfugiées.

Un courriel du porte-parole du ministre de l'Immigration, Ahmed Hussen, envoyé le mois dernier indique qu'en date du 31 décembre 2017, le gouvernement a délivré plus de 1200 visas à des survivants de Daech, qui sont parrainés par le gouvernement.

Plus de 1000 de ces réfugiés sont arrivés au Canada et 81 % d'entre eux sont des yézidis, souligne le courriel.

Le gouvernement ne recevra pas d'autres demandes dans le cadre de cette initiative, a indiqué le porte-parole du ministre.