Yan Dugas à sa sortie de la centrale de police après sa confession du meurtre de Mathias Breton, pédophile condamné, dans son logement de Limoilou.

Un jeune homme de Québec coupable du meurtre d’un pédophile

Mathias Breton, pédophile condamné, a été poignardé à mort dans son logement de Limoilou en octobre 2016. Yan Dugas, un jeune homme qui se disait sa victime a plaidé coupable mercredi au meurtre non prémédité.

Dugas avait tout juste 18 ans au moment du crime. Comme plusieurs autres jeunes, il avait passé du temps dans le logement où Mathias Breton, 73 ans, vivait seul, sur la 2eRue dans Limoilou, à boire, fumer, dormir ou avoir des relations sexuelles.

Le septuagénaire traînait une longue feuille de route de délits sexuels. Ces dernières condamnations remontaient à une quinzaine d’années. Il a été condamné à six ans de pénitencier en 1991 pour agression sexuelle.

Yan Dugas dira que par le passé, il a été agressé sexuellement par Mathias Breton. La période et la fréquence restent imprécises, du moins dans le résumé des faits préparé pour la cour.

Le 7 octobre 2016, dans l’avant-midi, Yan Dugas saisit un couteau et poignarde Breton à l’abdomen. Dugas dira plus tard qu’il savait où frapper pour porter un coup fatal.

Le jeune homme quitte le logement après avoir laissé le couteau près du corps. Mathias Breton réussit à communiquer avec un ami qui lui, appelle les services d’urgence. Breton est conduit à l’hôpital de l’Enfant-Jésus où son décès est constaté.

Le 31 octobre, les policiers de Québec reçoivent un appel du directeur général de la Maison de Job, un centre de thérapie du secteur Loretteville. Le directeur a appris qu’un de ses résidents, Yan Dugas, a dit à d’autres usagers qu’il avait commis un meurtre à Limoilou quelques jours plus tôt.

Yan Dugas sera arrêté le 1er novembre 2016 par le groupe tactique d’intervention de la police de Québec.

Il confesse le meurtre dès son interrogatoire avec les enquêteurs. Les policiers confirmeront plus tard que l’ADN de Yan Dugas se trouvait sur les vêtements de la victime.

Lors de sa comparution, Dugas est accusé de meurtre au premier degré. Il est détenu depuis le début des procédures.

Il a choisi de subir une enquête préliminaire. Son avocat de l’époque avait demandé un examen volontaire, une procédure plutôt rare au cours de laquelle la défense présente ses témoins. Plusieurs usagers de la maison de thérapie avaient alors témoigné.

Des citoyens avaient lancé une campagne de sociofinancement sur Internet pour aider Dugas à se payer une défense.

Peine à la fin janvier

Yan Dugas, poli, calme et coiffé soigneusement, a confirmé les faits devant le juge Serge Francoeur de la Cour supérieure et quelques membres de sa famille.

Aucun proche de la victime n’a assisté au plaidoyer de culpabilité.

Les parties reviendront à la cour à la fin janvier pour présenter une suggestion sur la période d’inéligibilité à la libération conditionnelle. Comme tous les meurtriers, Dugas sera condamné à la prison à perpétuité.

À LIRE AUSSI : un homme de 18 ans accusé du premier meurtre de l'année