M. Lamine Foura a insisté que la communauté musulmane est autant victime que tous les Québécois (des tragédies), mais elle est pointée du doigt», surtout dans les médias sociaux.

Un imam condamne les attentats: «Ça n'a rien à voir avec nos valeurs»

Un des imams de l'Association des étudiants musulmans de l'Université Laval (AEMUL) condamne vigoureusement les attaques de cette semaine réalisées par des Canadiens radicaux convertis à l'islam. Il assure que si des musulmans extrémistes sont découverts au sein de l'association, ils seront dénoncés aux autorités policières.
En entrevue avec Le Soleil après la prière du vendredi midi, Saïd Elamari a expliqué que ces gestes de violence survenus à Saint-Jean-sur-Richelieu et Ottawa vont à l'encontre des fondements de l'islam. Devant une salle bondée de fidèles, l'imam a récité le sermon du vendredi dans le local de l'association, la salle Newman, situé au sous-sol du pavillon Ernest-Lemieux.
«Pour nous, ce qui est arrivé à Saint-Jean et Ottawa, ça n'a rien à voir avec nos valeurs, a affirmé M. Elamari, en parlant avec le journaliste. On condamne ça, fermement.»
M. Elamari le sait, l'AEMUL n'a pas très bonne réputation. Les paroles controversées d'un ancien imam de l'association, prononcées et enregistrées à la mosquée de Saint-Jean-sur-Richelieu, ont fait le tour de la toile et ont été dénoncées dans de nombreux médias au cours de la dernière année. C'est CHOI FM qui avait diffusé pour la première fois le discours de Hamza Cahoui, en mai 2013, dans lequel il faisait, notamment, l'apologie de la lapidation et des coups de fouet.
Les propos de cet imam ont refait surface cette semaine, alors que Martin Couture-Rouleau, le meurtrier de l'adjudant Patrice Vincent, fréquentait cette mosquée de Saint-Jean-sur-Richelieu depuis près d'un an.
«Écoutez, nous ne sommes pas ici pour endoctriner les gens!» a lancé l'imam Elamari.
Ce dernier a ajouté que si des radicaux sont repérés au sein de l'AEMUL, ils devront s'expliquer aux policiers.
«Ils ne resteront pas avec nous longtemps, je peux vous l'assurer! Comme tout citoyen normal, nous allons rapporter tout geste ou personne qui pourrait représenter une menace pour la société.»
La présence du Soleil à la prière du vendredi midi a visiblement dérangé des musulmans qui s'étaient déplacés pour le sermon. Certains ont refusé de répondre à nos questions. D'autres ont préféré laisser les membres du bureau de direction de l'association répondre au journaliste.
«Je prends pas les infos, qu'est-ce qui s'est passé cette semaine?» a lancé un imposant gaillard, agacé par nos questions.
Un Marocain débarqué à Québec pour étudier il y a quelques mois à peine, Tarik Larouss, a lui aussi condamné avec conviction ces attaques de la semaine.
«En tant qu'être humain, loin de toute religion, c'est quelque chose qui ne peut être accepté.»