Les deux hommes étaient impressionnés par leurs rencontres. Des rencontres qui stimulaient déjà des réflexions.

Un geste qui réchauffe dans Saint-Roch

Pendant que des milliers de personnes se ruaient dans les magasins pour profiter des soldes d’après-Noël, un petit groupe d’amis de Québec bravait le froid sur le parvis de l’Église Saint-Roch pour donner aux plus démunis. Une bonne action qui a pris naissance en toute simplicité, dans une chambre de hockey.

Cela faisait deux mois que Louis Ruest et Christian Papillon préparaient leur coup. Bons amis, les deux hommes parlaient de tout et de rien à l’aréna; des Fêtes qui s’en venaient et de ce qu’ils pouvaient bien faire entre «chums» cette année.

L’idée avait jailli un peu plus tôt dans la tête de Louis. «J’ai eu un flash!», a raconté Louis Ruest, rencontré par Le Soleil sur le parvis de l’église. Il s’est empressé de le partager à Christian, «un gars toujours motivé». «Il m’est arrivé avec ça après une game. Au lieu de s’organiser un souper ou un party, on s’est dit qu’on pourrait ramasser du stock de nos amis et le redonner [au lendemain de Noël]», a renchéri Christian Papillon, qui n’a pas hésité à sauter dans le projet.

Grâce «au bouche-à-oreille» et à la force des réseaux sociaux, ils ont mobilisé parents et amis autour de leur cause ces dernières semaines. Tout ce beau monde s’est ainsi donné rendez-vous chez Louis mardi matin pour rassembler nourriture et vêtements destinés aux gens dans le besoin. Le groupe est arrivé au parvis de l’église Saint-Roch peu avant midi, une remorque et une camionnette remplis de dons.

«Les gens participent beaucoup. […] Il y en a qui ont préparé de la bouffe [le soir de Noël] spécifiquement pour ça. On a de la bûche, du roast beef, etc. […] On a un ami [Patrick Gingras], un bon ‘’crinqué’’, qui est ici depuis ce matin et qui a préparé une chaudrée de soupe.» L’équipe distribuait également du café. 

À lui seul, Christian Papillon avait accumulé pas moins de 200 tuques, selon son estimation. Ce dernier gravite dans le milieu sportif depuis plusieurs années et est connu publiquement pour sa participation au circuit Red Bull Crashed Ice, dont il est maintenant le directeur sportif. Cela étant dit, c’est réellement «à titre citoyen» que l’initiative est née, a-t-il insisté. 

Au fil de la conversation, une femme s’est présentée devant l’une des quatre tables installées sur le parvis. Son regard s’est arrêté sur un manteau d’hiver. Elle l’a pris, l’a scruté puis s’est tournée vers Christian pour obtenir la permission d’en devenir la propriétaire. S’en suivirent un échange de sourires et un remerciement chaleureux. 

Comme cette dame, des dizaines de personnes ont profité de ce comptoir inespéré pour faire le plein. «On est venu réapprendre ce matin», a réagi M. Ruest. «Ça nous ramène aux valeurs communautaires.»

Les deux hommes étaient impressionnés par leurs rencontres. Des rencontres qui stimulaient déjà des réflexions. «Les gens viennent et prennent seulement ce qu’ils ont besoin. Ils nous disent qu’ils ne veulent pas trop en prendre pour en laisser aux autres. [...] Ça relativise les choses, a dit M. Ruest. Nous, c’est l’abondance. […] S’il y a 8 oranges, on va repartir avec les 8. Pas eux.» «C’est pas grand chose. Nous on prend un peu de temps mais pour ces gens-là, c’est vraiment beaucoup», a ajouté M. Papillon.   

Ce qui n’a pas été donné directement sur le parvis devait être remis à des organismes communautaires. Le groupe de bons samaritains pourrait bien répéter l’expérience l’an prochain, sans toutefois en faire un événement à proprement parler. «On n’avait pas d’attentes.»