Modélisation de la nouvelle configuration de l’orgue dans son futur domicile, la cathédrale Saint-Jean-Eudes de Baie-Comeau.

Un géant de 10 tonnes à restaurer

BAIE-COMEAU – Les gens qui ont acheté ou qui achèteront Agnus Dei et Noël Ensemble, albums dont le contenu était en vedette vendredi soir au Centre Vidéotron lors du spectacle de Mario Pelchat et des prêtres, contribueront à l’installation d’un orgue Casavant à la cathédrale Saint-Jean-Eudes de Baie-Comeau.

Cet orgue se trouvait auparavant à l’église Saint-François-d’Assise de Québec, fermée au culte depuis plusieurs années. La cathédrale Saint-Jean-Eudes est l’une des rares églises à la recherche d’un tel instrument et assez grande pour accueillir le mastodonte de 10 tonnes, âgé de 70 ans.

Mario Pelchat a choisi cette cause comme récipiendaire d’une partie de la vente de ses deux derniers disques, comme c’est souvent le cas dans le milieu musical lorsqu’il s’agit d’albums à caractère religieux. L’artiste a été sensibilisé au sort de cet orgue par l’abbé Julien Guillot, l’un des huit prêtres qui chantent sur l’album, qui est rattaché à la paroisse Notre-Dame de Rocamadour de Limoilou.

Le démontage de l’instrument, sa restauration, son déménagement et son installation dans son nouveau temple sont loin de représenter une bagatelle. Le curé de la paroisse Saint-Jean-Eudes et responsable du dossier, Yves Lemieux, évalue l’ensemble du projet à près de 500 000 $.

L’abbé Yves Lemieux

Environ la moitié des pièces de l’orgue est arrivée à Baie-Comeau fin mai, mais certaines pièces mécaniques, les cuirs et les caoutchoucs se trouvent encore à Saint-Hyacinthe, à l’atelier de Casavant Frères, pour leur restauration. Le célèbre fabricant d’orgues supervisera également le remontage de l’orgue.

Bienfaiteurs

Évidemment, les redevances en provenance de l’album de Mario Pelchat et des prêtres ne suffiront pas à couvrir l’ensemble des coûts, mais un montant de près de 60 000 $ venant de la vente a déjà été versé pour le démontage de l’orgue. L’abbé Lemieux dit ne pas craindre pour trouver la totalité de l’argent, car de grands bienfaiteurs ont déjà été approchés, «mais ils sont prudents. Ils nous disent : apportez-nous une facture et on va vous soutenir», a indiqué le prêtre.

Le hic, c’est que Casavant demande autour de 50 000 $ pour sortir les plans de réalisation et de mise en chantier, somme que la paroisse n’a pas. Les deux parties devraient tenter de trouver un terrain d’entente d’ici quelques semaines et une fois fait, «tout va s’enclencher par la suite», a signalé Jacquelin Rochette, directeur artistique chez Casavant.

Ce dernier note au passage que Casavant n’exigera pas immédiatement la totalité du montant de restauration et d’installation (autour de 400 000 $) car «il y a quand même beaucoup de garanties dans ce dossier, avec l’implication de M. Pelchat et cette volonté de mettre en valeur ce grand instrument».