Selon le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, chaque dollar investi dans la construction navale rapporte 8 $ en retombées pour la région.

Un fleuron dans le paysage lévisien

Pendant plus de 185 ans, le chantier Davie a fait partie du paysage lévisien. Maintenant bien installé dans le quartier Lauzon, le chantier naval a grandi en même temps que la ville. Avec 717 navires inaugurés depuis sa fondation, l'entreprise continue d'être un fleuron pour Lévis.
<p>Le chantier Davie fait partie des plus gros employeurs de la Rive-Sud de Québec.</p>
Pour le maire Gilles Lehouillier, à la tête d'une localité de quelque 140 000 personnes, le chantier maritime est une institution pour sa ville. Celui qui a agi pendant 20 ans à titre de conseiller municipal de Lauzon affirme que le chantier naval est tellement intégré à la localité que les citoyens habitant en périphérie de la Davie ne se sont jamais plaints. «Pourtant, les maisons sont collées sur le chantier», ajoute M. Lehouillier.
Bien plus qu'un simple employeur, la Davie est indissociable du quotidien de nombreux Lévisiens. Le maire raconte que «dans les années 90, la Davie avait une sirène très bruyante qui sonnait pour annoncer les changements de quarts. Mais pour les parents, c'était un signal, un peu comme un clocher d'église.» Lorsque la Davie a annoncé avoir développé un nouveau système, «les citoyens ont presque protesté, c'était devenu une référence», indique M. Lehouillier.
Un investissement rentable
Si les temps étaient gris pour Davie dans les années 1990-2000, avec moins de 35 employés, le chantier naval fait maintenant partie des plus gros employeurs de la Rive-Sud de Québec, avec Desjardins, Frito Lay et Valero. À ce jour, le chantier naval connu sous le nom de Chantier Davie Canada embauche plus de 850 employés.
Cette période plus sombre est désormais révolue. «Dans les années 90, des contrats, il n'y en avait pas. Mais avec les programmes d'entretien des navires de la Garde côtière et de la marine canadienne, il y aura du travail, assure le maire Lehouillier, surtout que la Davie veut s'engager dans le Plan Nord.
«Et ça attire énormément de jeunes familles à Lévis. Les travailleurs sont bien payés, les emplois sont stables, alors ils construisent des maisons, ils fréquentent les commerces locaux. Ils participent à la vie économique de Lévis», confie le maire.
Les investissements des gouvernements dans le chantier Davie ont été critiqués, qualifiant le chantier naval de «canard boiteux». Or, le maire lévisien assure que c'est tout à fait le contraire. «Chaque dollar investi dans la construction navale rapporte 8 $ en retombées pour la région. À l'échelle du Québec, ça représente 170 millions $ en valeur ajoutée pour le chantier», précise M. Lehouillier. Et chaque nouvel emploi au chantier naval crée trois emplois indirects. «Ces emplois-là, ce sont des emplois payants. Pour le gouvernement, ça représente des entrées fiscales de 20 millions $. C'est majeur.»
D'ailleurs, le maire Lehouillier est ferme à ce sujet : il aurait été impensable de fermer la Davie. «Ce serait du gaspillage. Construire un chantier comme Davie, ça prendrait de 15 à 20 ans.»
Présence dans la communauté
Depuis son rachat par Inocea en 2012, le chantier Davie a poursuivi sa mission initiale et s'est engagé dans la vie communautaire de Lévis. Ainsi, le chantier naval a prêté une partie de son terrain à la descente Joliette. Si une descente privée peut coûter plus d'une cinquantaine de dollars pour mettre un bateau à l'eau, «grâce à Davie, on voit maintenant des familles et de petites embarcations aller pêcher sur le fleuve». Selon le maire, il s'agit de la seule descente de bateaux aménagée gratuite au Canada.