Une centaine de femmes ont repris devant l’Assemblée nationale la chorégraphie et la chanson d’un collectif chilien, comme l’ont aussi fait l’Allemagne, la France, l’Espagne, le Mexique, le Brésil et Montréal, afin de montrer leur solidarité et de dénoncer les violences faites aux femmes.

Un flash-mob contre les violences faites aux femmes

«Le violeur, c’est toi !» ont scandé une centaine de femmes devant le parlement et sur la Place d’Youville dimanche. Elles dénoncent les violences «machistes» perpétrées et tolérées par la police, les gouvernements et la société.

Le Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale et le Comité des femmes immigrantes ont organisé ce «flash-mob» à Québec pour se faire entendre.

«Le 25 novembre, le collectif chilien Las Tesis a rassemblé des dizaines de femmes dans un puissant flash mob dénonçant les violences faites aux femmes, les agressions sexuelles et l’impunité de ces crimes, notamment en marge des manifestations contre le président Piñera. Les vidéos de leurs performances sont devenues virales», ont expliqué les porte-parole du regroupement. 

Elles ont donc repris la chorégraphie et la chanson, comme l’ont aussi fait l’Allemagne, la France, l’Espagne, le Mexique, le Brésil et Montréal afin de montrer leur solidarité. 

«C’est tout à fait inacceptable et on demande à nos gouvernements d’agir, d’empêcher notamment les policiers de faire des violences contre les femmes, d’avoir un système de justice qui soutient les victimes et de plus avoir un nombre presque total d’agresseurs impunis», exprime Annie-Pierre Bélanger. 

Aux portes de l’Assemblée nationale

Le groupe de femmes n’avait pas averti les autorités de leurs activités de dimanche. Les femmes se sont avancées jusqu’aux portes de l’Assemblée nationale pour leur chorégraphie, le constable spécial a bien essayé de les éloigner jusqu’à la clôture, mais sans succès. Les femmes ont insisté pour faire leur numéro de 5 minutes, puis elles ont pris le chemin le Place d’Youville tout de suite après. Quelques véhicules du service de police de Québec étaient d’ailleurs rapidement arrivés sur les lieux. 

«On n’a pas demandé la permission. Une particularité du flash mob est qu’on apparaît où on veut et on ne le dit à personne. L’effet de surprise est important. On s’approprie l’espace public», insiste Lorena Suelves Ezquerro.

Plusieurs d’entre elles avaient retiré leur manteau puis écrit des messages sur leur corps. La majorité des participantes avaient les yeux bandés. Elles ont dansé, puis crié leur message en quatre langues : Le violeur, c’est toi/El violador eres tu/Tshin a ne ka metshe teshikuat auenu, en français, en espagnol, en innu et en langue des signes du Québec. 

«On s’inspire des événements du Chili. C’est un mouvement que nous on reprend et qu’on adapte à notre société, c’est pour ça qu’on dit notre message en quatre langues», ajoute Mme Ezquerro.

Les femmes mettent entre autres l’accent sur le sort réservé aux femmes autochtones au Canada, «alors qu’elles représentent 4 % de la population canadienne, les femmes autochtones sont près de 25 % des victimes féminines d’homicides», peut-on lire dans le communiqué préparé par le regroupement. 

«Au Québec, les femmes représentent la quasi-totalité des victimes d’homicides, d’enlèvements, d’agressions sexuelles commises par un conjoint ou un ex-conjoint. [...] Elles sont seulement 5 % à porter plainte et la quasi-totalité des agresseurs demeure impunie avec une seule condamnation pour 1000 plaintes. La vague du mouvement #Metoo a démontré l’ampleur du phénomène de la culture du viol», terminent les deux porte-parole.