Rémi Bourget

Un film pour dénoncer la charte

La charte des valeurs des valeurs du Parti québécois a beau ne pas monopoliser les débats dans la campagne électorale, un collectif non partisan était de passage samedi dans la capitale pour dénoncer «la pente glissante extrêmement dangereuse» du projet de loi.
Après avoir dominé la scène politique à l'automne, la Charte des valeurs du Parti québécois se fait discrète depuis le début de la campagne. Au grand bonheur du collectif Québec inclusif. «Le fait que la charte ne soit pas le seul élément présent dans la campagne électorale, je crois que c'est bon pour la démocratie», se réjouit le juriste et président du collectif, Rémi Bourget.
Le collectif était de passage samedi soir au Cercle pour assister à la projection du film engagé La charte des distractions.
Le film est l'oeuvre de 99% Média, G.A.P.P.A. et Les Alter Citoyens, et donne entre autres la parole à Québec inclusif.
Sans vouloir faire de politique trop partisane, le film tire à boulets rouges sur le projet de loi péquiste. «C'est une pente glissante qui est extrêmement dangereuse», soutient Rémi Bourget. «C'est très payant de frapper sur les minorités avec un argumentaire un peu simpliste, à tout le moins populiste.»
Pour cet avocat de formation, il est inconcevable de restreindre les libertés des minorités religieuses. Vaut mieux les inclure, plutôt que de les isoler. «La raison pour laquelle on a une charte des droits, c'est que les minorités, même si elles allaient toutes voter, elles resteraient minoritaires. Et donc c'est sûr qu'elles perdront aux élections, lorsque la question est de leur enlever des droits.»
La Charte des distractions amorce une tournée des régions. Le film sera projeté loin des centres urbains, dans des villes peu habituées à côtoyer les minorités religieuses. À chaque escale, les projections seront là pour souligner les dangers reliés à l'élection d'un gouvernement péquiste majoritaire. «J'espère qu'ils ne réussiront pas à avoir une majorité, pour ne pas qu'on lance le message que c'est correct pour un gouvernement de faire campagne sur le dos des minorités. Cette fois-ci, ce sont les minorités religieuses, mais ça va être quoi la prochaine fois?» lance Rémi Bourget du collectif Québec inclusif, qui accompagne les producteurs dans la tournée du film.