Les policiers terre-neuviens ont pu, avec l’aide de la police de Québec et la Gendarmerie royale du Canada à Montréal, retracer le chemin fait jusqu’à un mini-entrepôt de Québec, où la totalité du matériel volé a été retrouvée.

Un ex-proxénète de Québec accusé d’avoir dévalisé un condo à Terre-Neuve

Un ex-proxénète que la Commission canadienne des libérations conditionnelles associe au défunt gang de rue Wolf Pack, Dominic Delisle, est présentement en prison à Terre-Neuve en attente d’un procès pour avoir, en compagnie de sa femme Sarah Deneault, volé presque tout le contenu d’un condominium meublé de St. John’s et l’avoir fait transporter dans un mini-entrepôt de Québec.

Comme l’explique le constable Geoffrey G. Higdon de la Royal Newfoundland Constabulary, Delisle, 30 ans, qui utilisait aussi le nom d’emprunt de Nicholas Sigouin, et Denault, 33 ans, avaient loué le condominium en janvier et payé le premier mois de loyer. Au début du mois de février, alors qu’elle s’était rendue sur place pour avoir le loyer du second mois, la propriétaire des lieux avait cependant eu la surprise de constater que le couple avait mis les voiles, amenant avec lui tout le mobilier de l’appartement à l’exception du lave-vaisselle, de la laveuse et de la sécheuse.

«On parle de matériel d’une valeur de 30 000 $! Ils ont presque tout pris à part trois électroménagers. Pas seulement les meubles, mais tous les articles contenus dans le condo en incluant les couteaux et les fourchettes!» explique le constable Higdon. Une bande vidéo montrait d’ailleurs le couple en train de charger le matériel dans un camion de déménagement en plein après-midi le 29 janvier. 

La police de Terre-Neuve a contacté la compagnie de déménagement qui avait aidé le couple à déménager et celle-ci a donné son entière collaboration. Les policiers terre-neuviens ont ainsi pu, avec l’aide de la police de Québec et la Gendarmerie royale du Canada à Montréal, retracer le chemin fait jusqu’à un mini-entrepôt de Québec. Une perquisition y a été faite et la totalité du matériel volé a été retrouvée. «C’était une très bonne nouvelle pour la propriétaire puisque, soyons honnêtes, pour ce type de crime, il est très rare que la marchandise volée soit retrouvée», indique le constable Higdon. 

Avis de recherche

Un avis de recherche avait aussi été lancé concernant le couple, qui demeurait toujours en cavale. Deneault a été retracée il y a un peu plus d’une semaine dans un commerce de St. John’s grâce à une information du public alors que Delisle a été arrêté la semaine dernière alors qu’il tentait de fuir la police. La femme a été remise en liberté en attendant de revenir devant la cour le 18 mai alors que Delisle, qui a de lourds antécédents judiciaires, devra attendre derrière les barreaux, la juge Lois Skanes ayant refusé sa demande de remise en liberté.

La feuille de route criminelle de Delisle inclut entre autres la possession d’armes à autorisation restreinte, la possession d’arme prohibée, les vols par effraction, l’usage de documents contrefaits et le proxénétisme. Il a écopé de peines de 35 mois de prison en 2007 et de 42 mois de prison en 2012 pour proxénétisme. 

En 2007, les accusations concernaient de jeunes filles de 15 et 17 ans qu’il aurait forcées à danser nues dans des bars et à se prostituer pour lui remettre ensuite tout l’argent qu’elles recueillaient. Chaque jeune fille devait à l’époque lui rapporter entre 300 $ et 1000 $ par jour, indique la Commission canadienne des libérations conditionnelles, et Delisle n’hésitait semble-t-il pas à utiliser la violence et l’intimidation pour maintenir son emprise sur les adolescentes.

Delisle avait été libéré d’office à l’automne 2014 après avoir purgé les deux tiers de sa peine d’emprisonnement, un séjour derrière les barreaux qui avait d’ailleurs été marqué de nombreux rebondissements. En 2013, après s’être fait saisir des photos obscènes derrière les barreaux et retirer ses droits de visite, il avait menacé de placer une bombe sous la voiture du directeur du pénitencier de Donnacona. En 2016, il avait intenté une poursuite de 30 000 $ contre le Procureur général du Canada et le pénitencier de Port-Cartier qui lui avait refusé des visites conjugales avec sa fiancée.