L’été 2020 ne restera certainement pas gravée dans les annales de l’auberge de jeunesse de la rue Sainte-Ursule, dans le Vieux-Québec.  
L’été 2020 ne restera certainement pas gravée dans les annales de l’auberge de jeunesse de la rue Sainte-Ursule, dans le Vieux-Québec.  

Un été à moitié dans les auberges de jeunesse 

Lieu réputé pour le dynamisme des découvertes et des rencontres de jeunes de partout sur la planète, l’Auberge internationale de Québec a l’impression de vivre un été à moitié. La moitié de la moitié, même. 

L’été 2020 ne restera certainement pas gravée dans les annales de l’auberge de jeunesse de la rue Sainte-Ursule, dans le Vieux-Québec.  

«C’est un été démotivant», ne cache pas Samuel Carle, directeur des services de l’auberge. L’impossibilité pour les vacanciers de franchir les frontières du pays coupe la majeure partie de la clientèle habituelle de l’établissement. Les touristes internationaux représentent 60% des locataires de chambres en temps normal. Le téléphone sonne donc moins souvent et les réservations sont devenues une denrée rare. 

«À cette période-ci de l’année, on est complets ou pas bien loin de l’être. En ce moment avec tout se qui se passe, c’est tout juste si on atteint 50% la fin de semaine. C’est sans parler de la semaine…» montre-t-il sur l’écran de son ordinateur, en comparaison avec l’été dernier à pareille date. Le Festival d’été de Québec venait tout juste de terminer et les activités dans la Vieille-Capitale abondaient. Pas cette année.  

Offre à 50%, plein à 25% 

Évidemment, les mesures sanitaires dictées par la Santé publique ont aussi fait de restreindre l’offre de l’Auberge internationale de Québec, comme partout ailleurs. Encore une fois, pandémie oblige.  

Depuis la réouverture, l’occupation des clients a été réduite à 50% pour faciliter l’éloignement social. «Dans les dortoirs, on ne loue que le bas des lits superposés, précise Samuel Carle. Ce qui fait que quand on touche le 50% d’occupation ce n’est que la moitié de l’offre qu’on a présentement. Grosso modo, on n’est plein qu’à 25% de notre capacité totale.» 

Autre clientèle, autre dynamique 

D’autres mesures sont mises en place pour assurer la sécurité des clients. La règle du deux mètres est entre autres respectée entre les matelas et les activités auxquelles peuvent s’adonner les voyageurs sont moins nombreuses. 

 «Voyageurs locaux», parce qu’ils viennent en grande partie d’ailleurs dans la province. «C’est une toute autre clientèle, qui est principalement québécoise et qui vient pour être logée à faible coût», observe le directeur des services.  

Pas Bryan Breaker. Pour sa première fois à Québec, il est vrai que le Suisse trouve la ville bien tranquille, mais ça ne lui déplait pas nécessairement. Arrivé au pays depuis février, il habite temporairement Toronto pour son travail de charpentier. «J’avais des vacances donc je suis venu les passer à Québec. Il n’y a pas trop à faire, mais on s’y fait», mentionne-t-il en planification d’une visite au musée avec des amis.  


« C’est un été démotivant »
Samuel Carle, directeur des services de l’auberge

Symboles de la jeunesse nomade, les auberges attirent souvent les jeunes pour leurs chambres à prix modique, mais aussi pour les opportunités de socialiser qu’elles offrent. Pour l’été 2020, la plupart d’entre elles ont dû être annulées. Finis les soirées au bar et les grands rassemblements.  

N’empêche, pas question pour l’Auberge internationale de Québec, ouverte à l’année, de fermer ses portes aux clients. Elle est d’ailleurs l’une des seules à Québec à être demeurées ouvertes.  

L’Auberge de la Paix, sur la rue Couillard, a annoncé sur son site Web sa fermeture du 21 mars au 17 août et possiblement jusqu’au printemps 2021. Même situation du côté de l’Auberge Maeva dans le quartier St-Roch, dont la porte indique «Fermé, COVID-19».  

C’est un été difficile, mais c’est partout pareil, se console Samuel Carle.