Julie Lemieux d’Équipe Labeaume et le conseiller indépendant Paul Shoiry ont fait des adieux sentis à l’occasion du dernier conseil municipal avant l’élection du 5 novembre.
Julie Lemieux d’Équipe Labeaume et le conseiller indépendant Paul Shoiry ont fait des adieux sentis à l’occasion du dernier conseil municipal avant l’élection du 5 novembre.

Un dernier conseil municipal émouvant pour Julie Lemieux

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
C’était dernier soir de conseil émouvant lundi à Québec pour quatre élus qui ne se représentent pas à l’élection du 5 novembre.

Les conseillères Julie Lemieux, Chantal Gilbert et Natacha Jean, toutes trois d’Équipe Labeaume, et le conseiller indépendant Paul Shoiry ont fait des adieux sentis à l’occasion du dernier conseil municipal avant l’élection du 5 novembre.

Élue une première fois en 2009 dans Chute-Montmorency–Seigneurial, Mme Lemieux, responsable de l’urbanisme et du patrimoine, a dit se souvenir de ses premiers moments dans la salle du conseil. «J’étais terrorisée. Je me demandais comment j’allais exprimer mes idées, avoue d’emblée celle qui est maintenant reconnue pour expliquer clairement ses dossiers. Le maire a vu des choses en moi que je ne savais même pas que j’avais. Aujourd’hui, le plus triste c’est de couper le cordon avec mes collègues.»

Chantal Gilbert, élue dans Saint-Roch–Saint-Sauveur, portait plusieurs dossiers de nature communautaire depuis son entrée en politique en 2009. Elle aussi admet ne pas savoir ce que le maire avait lu en elle. Aujourd’hui, elle est ravie de son passage en politique.

«Je me suis découvert une passion par rapport aux gens plus démunis. Je quitte en sachant que j’ai déposé une vision du développement social. J’espère que vous continuerez à vous en inspirer», a-t-elle laissé comme message à ses collègues.

La conseillère de Vanier, Natasha Jean, reconnaît avoir eu à relever de nombreux enjeux dans un district socioéconomiquement pauvre. Elle a remercié ses proches pour l’avoir soutenue et les gens du quartier de l’avoir accueillie à bras ouverts.

Respect mutuel

L’un des doyens de l’enceinte, Paul Shoiry, représentant de Saint-Louis–Sillery, a remercié en premier lieu le maire Régis Labeaume pour les bons mots qu’il venait de prononcer à son égard malgré, précise-t-il, quelques débats animés entre les deux hommes du temps que M. Shoiry était chef de l’opposition.

M. Shoiry quitte la politique municipale après avoir été élu une première fois en 1990 à 34 ans dans l’ancienne Ville de Sillery. Le temps n’a pas effacé le souvenir de sa première journée au lendemain de l’élection.

«Il y a eu la plus grosse tempête de l’année. Je n’étais pas assermenté et je recevais déjà des téléphones», lance-t-il, soulignant «qu’on est politicien sept jours sur sept. Ça peut durer une heure et demie aller chercher une pinte de lait à l’épicerie.»

Visiblement ému, le maire Labeaume a rendu aux hommages aux trois femmes de sa formation, encensant leur compétence et leur «intelligence émotionnelle» qui manque parfois aux hommes, avoue-t-il.

Il a aussi remercié M. Shoiry de son implication, sachant qu’il aimait «profondément les gens de son quartier» qu’il a représentés pendant 23 ans. Enfin, il se dit prêt à parier le revoir un jour en politique.

Un conseiller «vire-capot»?

Le dernier conseil municipal avant l’élection du 5 novembre s’est déroulé sans heurt... ou presque. Il s’est terminé sur une note discordante entre la chef de Démocratie Québec et le conseiller indépendant, Yvon Bussières. Mme Guérette a sursauté lorsque le conseiller de Montcalm–Saint-Sacrement a donné son appui au projet de Grand marché public sur le site d’ExpoCité alors qu’il s’y opposait au moment où il faisait partie de la formation politique de la candidate à la mairie. «On ne se demandera pas pourquoi la population est désabusée lorsqu’elle voit des politiciens vire-capot», a-t-elle lancé. «J’ai pris du recul» a rétorqué le principal intéressé, évoquant le fait que le marché allait permettre la relance d’ExpoCité et que le maire avait donné la garantie que serait installée une antenne du Grand marché à la Place de Paris. «J’ai pris la décision en pleine conscience», a ajouté M. Bussières contre qui Équipe Labeaume n’a pas senti la nécessité d’opposer un candidat à l’élection du 5 novembre.