La glace rend les recherches difficiles.

Un déploiement de ressources psychosociales assuré à L'Isle-Verte

«Les gens nous disent qu'ils avaient placé leurs parents pour plus de sécurité, mais c'est devenu leur tombeau.»
Parmi les nombreuses personnes à venir constater l'ampleur du sinistre, Alain Collin a ressenti le besoin de se rendre sur le lieux du sinistre par solidarité. «C'est une tragédie, c'est épouvantable», lance-t-il, la voix étranglée par l'émotion. L'homme, venu apporter son soutien moral, avait amené avec lui une gerbe de fleurs pour rendre hommage aux victimes.
Ces commentaires entendus reflètent bien les sentiments qui assaillent les proches des victimes, explique au Soleil Martine Cormier, coordonnatrice des services psychosociaux du CSSS de Rivière-du-Loup.
«Les 24 premières heures ne demandent pas nécessairement de l'aide. Nous sommes dans une phase de contacts et de rencontres, précise-t-elle. Nous devons dépister les besoins et les évaluer.  Les gens touchés ne sont pas encore en mesure de dire s'ils ont besoin d'aide.»
C'est pourquoi la stratégie de départ déployée est de faire du porte-à-porte. «Nous devons nous assurer de joindre le plus grand nombre de personnes possible qui auraient pu être touchées par le drame», raconte pour sa part Véronique Hivon, ministre déléguée aux Services sociaux, lors de son arrivée sur les lieux du drame, ce matin.
Elle a elle-même constaté «l'incrédulité et l'anxiété» qui habitent les sinistrés et leurs proches après avoir parlé à plusieurs. «C'est important d'être là dès le début pour prévenir une aggravation des problèmes. Il fait froid. Les gens demeurent à la maison. Il faut éviter le repli sur soi-même», ajoute la ministre déléguée, insistant sur l'importance de joindre les résidents dans leur foyer.
Au moins une vingtaine de travailleurs sociaux et de psychologues sont sur place, aujourd'hui. La vingtaine de rescapés de l'incendie ont tous été déménagés dans deux résidences sur le territoire des Basques.
Les équipes psychosociales sont actuellement déployées à l'école Moisson-d'Art, où est établi le Centre régional de coordination gouvernementale. Par ailleurs, la population peut s'adresser à Info-Social 8-1-1 pour obtenir par téléphone du soutien psychosocial.
Les services de santé de première ligne doivent aussi se réorganiser avec le point de service du CLSC et la pharmacie qui sont partis en fumée lors de l'incendie. Une pharmacie temporaire a été ouverte au Club de l'âge d'or de L'Isle-Verte et on était toujours à la recherche d'un local pour déménager le point de service du CLSC.