Alors qu'Élise participait en fin de semaine aux Jeux olympiques spéciaux à Québec, sa soeur Justine poursuivait son périple de 4000 kilomètres à travers l'Europe visant à amasser des fonds pour l'Arche de Québec.

Un défi sur deux continents pour les soeurs Robichaud

En finissant sa dernière course des Jeux olympiques spéciaux, samedi après-midi au PEPS de l'Université Laval, Élise Robichaud a eu une pensée pour sa partenaire d'entraînement. De l'autre côté de l'Atlantique, sa soeur Justine poursuit sa traversée de l'Europe à vélo au profit de la deuxième famille d'Élise, celle de l'Arche de Québec.
Les nombreuses heures passées sur le vélo stationnaire, cet hiver, sont payantes ces jours-ci pour les soeurs Robichaud. La benjamine, Justine, se prépare à pédaler à travers le col de la Croix, en Suisse, l'une des portions les plus exigeantes de son parcours de 4000 kilomètres à travers l'Europe. La cadette, Élise, participe depuis jeudi aux Jeux d'été OSQ Québec 2017, qui regroupent quelque 800 athlètes de partout au Québec atteints d'une déficience intellectuelle. 
«Ça a été un peu dur. J'avais une grosse crampe à la fin tellement j'ai tout donné», a assuré Élise Robichaud suite à sa dernière épreuve des Olympiques spéciaux, une course de 200 m sur la piste d'athlétisme du PEPS, samedi. Après plusieurs jours de compétitions et des épreuves de course, saut et même lancer du poids, l'athlète de Charlesbourg était fière, mais fatiguée. «Là, j'ai hâte à la cérémonie des médailles et après je vais pouvoir me reposer», a-t-elle lancé. 
N'empêche, elle était bien préparée pour le défi des Olympiques spéciaux, assure-t-elle. C'est qu'en plus de ses entraînements hebdomadaires, le mercredi soir, avec les autres membres de la délégation de la Capitale-Nationale, Élise a sué en courant et pédalant avec sa petite soeur ces derniers mois. 
4000 kilomètres
Depuis 2015, Élise, 30 ans, s'est trouvé un nouveau chez soi dans l'un des quatre foyers de l'Arche l'Étoile, en Basse-Ville de Québec. L'organisme international héberge dans ses établissements de partout à travers le monde des personnes atteintes d'une déficience intellectuelle.
C'est en cherchant un moyen de redonner à l'Arche, touchée de voir sa soeur s'y épanouir, que Justine, 24 ans, a eu l'idée de «Roulons pour que ça m'Arche». En quelques mois, une solide équipe de commanditaires menée par Garneau s'étaient greffés au projet, dont le but est d'amasser 50 000 $ pour l'Arche l'Étoile. Depuis la mi-mai, l'étudiante en administration à l'Université Laval sillonne les routes d'Europe sur son vélo. 
Son itinéraire à travers six pays relie une dizaine de foyers de l'Arche, qu'elle prend le temps de visiter. Or, si Élise peut maintenant se reposer, après trois jours de compétitions, Justine se prépare pour l'une des journées de vélos les plus éprouvantes de son périple. Elle est sur le point de s'attaquer au col de la Croix, dans la petite municipalité alpine des Diablerets, en Suisse. «1800 mètres de dénivelé et près de 30 kilomètres de montée sans arrêt. C'est un des cols les plus impressionnants que je vais faire», raconte-t-elle à distance, après s'être informée des résultats sportifs de sa soeur. 
Avec plus de la moitié de son parcours derrière elle, Justine Robichaud constate qu'elle s'est lancé un défi athlétique exigeant. Mais l'expérience est hautement enrichissante, assure-t-elle, particulièrement ses rencontres avec le personnel et les résidents des différentes Arches visitées. 
À Québec, Élise commence à avoir hâte que sa soeur revienne. «On s'est parlé sur Skype avant les Olympiques et l'on s'écrit souvent. J'ai vraiment hâte de la revoir», admet-elle. 
Ses partisans
Si elle ne pouvait compter sur Justine à ses côtés cette semaine, Élise misait quand même sur un gros groupe de partisans durant les Olympiques spéciaux. Une vingtaine de membres de sa «famille» de l'Arche l'Étoile sont venus l'encourager vendredi soir dans les gradins du PEPS. Et puis, il y a la vraie famille : les parents de la famille Robichaud, ses deux frères et son autre soeur. Même son petit cousin, le skieur acrobatique Philippe Marquis, est venu assister à plusieurs compétitions. Comme quoi il n'y a pas qu'un Olympien dans la famille. 
«Élise m'a toujours suivi dans mon sport. Elle regarde toutes mes compétitions à travers le monde et elle m'envoie des messages pour m'encourager», raconte Marquis. «Ça faisait quelques mois qu'elle me parlait qu'à la fin du mois de juin, c'était à son tour de participer aux Olympiques. Ça tombait entre deux de mes camps d'entrainement, à Québec en plus, alors je suis venu l'encourager.»
Lui qui part dans les prochains jours vers les Alpes suisses pour s'entrainer, Philippe Marquis se promet d'ailleurs d'essayer de trouver un vélo pour une journée et rejoindre Justine quelques heures sur les routes helvètes.
Cette dernière continue d'amasser des dons pour l'Arche du Québec au roulonspourquecamarche.com.
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Bilan positif pour les JO spéciaux
À la veille de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques spéciaux d'été OSQ Québec 2017, le directeur général de l'évènement, Martial De Rome, dressait déjà un bilan positif, samedi. 
L'organisation travaillait depuis 2015 afin d'accueillir quelque 1100 athlètes et entraineurs à Québec pour la compétition provinciale tenue aux quatre ans. Or, les différentes délégations régionales ont eu de bons mots pour le comité organisateur dans les derniers jours, assurait le DG, en fin d'après-midi, samedi. 
Les Olympiques spéciaux, dont tous les athlètes vivent avec une déficience intellectuelle, sont avant tout organisés pour les participants, selon Martial De Rome. Pour les aider à s'épanouir et agrandir leur groupe d'amis, notamment. «Durant une course, si quelqu'un tombe, il y en a deux autres qui s'arrêtent pour le relever. Ils veulent tous gagner, mais ils ne se sentent pas vraiment en compétition entre eux.»
Des athlètes de 10 ans à plus de 60 ans participent d'ailleurs à la compétition. «On en a un qui s'est retiré l'an passé, à 85 ans. Il n'y a pas de restrictions de ce côté.»
Les Olympiques spéciaux d'hiver avaient eu lieu à Lévis, en 2015, mais c'est la première fois que l'évènement revient à Québec depuis l'été 2008, année où la compétition nationale s'était tenue dans la Capitale-Nationale. «On voulait rappeler aux gens de Québec que ça existe, et leur montrer que ces personnes-là ne souffrent pas de leur déficience intellectuelle. Ils sont heureux et la compétition leur permet de se sentir encore mieux.»