Les époux Mickael David et Julie Ferir ont prouvé que l’amour et plus fort que la partisanerie sportive.

Un couple de rivaux au match France-Belgique

Quoiqu’il arrive, il y en a au moins un qui va gagner. Mais durant les 90 prochaines minutes, la fierté nationale fera d’eux des rivaux.

En ce mardi après-midi, dans un bar de Saint-Roch, Julie Ferir, de Bruxelles, et Mickael David, de Bretagne, assistent à la demi-finale de la Coupe du monde de soccer entre la France et la Belgique. 

Le couple survivra-t-il au résultat du match? 

«Tout le monde nous charrie là-dessus. Même notre famille nous taquine», dit Julie, 28 ans comme son mari. 

Dans les derniers jours, sur les réseaux sociaux, ils ont vu passer une flopée de caricatures : Tintin et Astérix qui se donnent des baffes, des cornets de frites renversés, des coqs rôtis.

Le poids de la fierté nationale s’est même insinué dans leurs échanges de textos, où les drapeaux belges et français se sont ajoutés aux habituels cœurs et bisous.

«C’est la Belgique qui va gagner», dit Julie en début de match. Les Français sont trop sûrs d’eux.» À côté d’elle, Mickael sourit, sûr de lui.

Ils sont assis à la terrasse bondée du bar le Quartier général, au coin des boulevards Langelier et Charest. Devant les écrans branchés à RDS, les partisans des deux pays voisins s’entassent à l’intérieur comme à l’extérieur, bière à la main (mais pas de Stella Artois pour les Français).

Un concert de «Ah!», de «Oh!» et de «Merde!» retentit à chaque tir au but manqué, d’un côté ou de l’autre. 

Quand même, il faut faire attention à ses commentaires. Un Belge qui lance une «Chochotte!» à propos d’un joueur français qui fait des simagrées après une chute se fait dévisager intensément par ses voisins français. 

À la mi-temps, toujours aucun but. Michel Drenss, un Strassbourgeois en visite à Québec, est étonné de l’aplomb belge. Un match «très équilibré», dit-il. «Les Belges sont très bons.»

Si les partisans des Bleus vivaient l’extase de la victoire, les mines étaient plus basses du côté des fans de la Belgique, qui s’est inclinée 1-0.

Moment décisif

Puis, à la 51e minute, sur un corner botté par Antoine Griezmann, Samuel Umtiti inscrit un premier but de la tête pour l’équipe de France. 

Les Français laissent aller un bruyant «OUAIS!!!» et sautent de joie. Les Belges regardent les murs. 

Une quarantaine de minutes s’écoulent sans qu’un joueur fasse vibrer les cordages. Des Belges se rongent les ongles. L’arbitre siffle la fin du match. C’est la fin d’un rêve pour les Diables Rouges. 

«Ça me fait mal, on y croyait beaucoup», dit Julie Ferir, qui a finalement raté sa prédiction. Maintenant que les Bleus chantent : «On est en finale! On est en finale!», elle a envie de se sauver. 

Mickael David, qui est resté son mari, se réjouit de voir la France enfin de retour en finale de la Coupe du monde, 12 ans après le coup de boule de Zidane et la défaite des siens en finale, contre l’Italie. «Je suis très fier! Vraiment», dit-il. 

Julie promet de ne pas faire chambre à part ce soir. Elle est même prête à soutenir la troupe hexagonale, dimanche, contre le vainqueur du match Croatie-Angleterre.

Mais pas tout de suite. «Aujourd’hui, je reste Belge. Après, j’encouragerai la France.»

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