Plus de 200 personnes, dont des élus, des journalistes, des employés du Soleil, des lecteurs, et des gens d’affaires, s’étaient donné rendez-vous à l’événement organisé par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) section Québec aux Salons d’Edgar dans Saint-Roch.

Un coup de pouce concret du Conseil de la culture au Soleil

Le conseil d’administration du Conseil de la culture a voté, mercredi, l’achat d’une pleine page dans Le Soleil pour soutenir l’information régionale. L’organisme invite les autres ténors de la région de Québec à faire de même.

L’annonce de la mise sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité du Groupe Capitales Médias (GCM), le 19 août, a eu l’effet d’une bombe dans la communauté de la capitale nationale. À quoi ressemblera le paysage médiatique à Québec si Le Soleil disparaît? 

Pour le président du C.A. du Conseil de la culture, Marc Gourdeau, il a été très vite entendu que la fermeture du Soleil serait «dangereuse» pour la couverture médiatique de la scène culturelle à Québec. 

«Il ne doit pas avoir un seul quotidien qui dessert la grande région de Québec. C’est essentiel qu’il y ait plusieurs points de vue et une diversité dans les articles», insiste M. Gourdeau.

«C’est ce qui permet une couverture exhaustive. Une couverture qui ne se contente pas de rendre compte des tendances culturelles les plus rassembleuses, mais qui va laisser une place à des modes d’expression plus marginaux. Et une nouvelle culturelle qui n’émane pas seulement de la métropole», poursuit-il.

Le vote de l’aide financière avec l’achat d’une grande publicité a donc été une «formalité». «Le Soleil a toujours historiquement couvert et donné écho à une assez grande diversité de manifestations culturelles», explique-t-il. 

Contre la concentration de la presse

Selon M. Gourdeau, au-delà du soutien au Soleil, l’achat envoie également un message à l’ensemble des médias régionaux. «Le Soleil couvre notre territoire culturel, mais on en profite également pour souligner que les médias régionaux revêtent une grande importance pour le maintien d’une vitalité culturelle, que ce soit en termes d’art vivant, d’art visuel, de patrimoine, de littérature dans les communautés.»

Ce n’est un secret pour personne, Pierre Karl Péladeau, propriétaire de Québecor, a fait une offre pour mettre la main sur Le Soleil et les cinq autres journaux de GCM. Offre refusée par le gouvernement du Québec, car elle mettait en péril de nombreux emplois.

Pour Marc Gourdeau, la concentration de la presse serait une mauvaise chose. Il milite pour une pluralité des médias et des propriétaires. «Le lectorat du Soleil n’est pas le même que celui du Journal de Québec. Le ton et le type de couverture sont également différents, fait-il valoir. Plus il y a de journaux, plus il y a de probabilités que la chose artistique et culturelle soit couverte dans son entièreté», plaide M. Gourdeau. 

M. Gourdeau espère que le geste posé mercredi par le Conseil de la culture «stimulera» d’autres poids lourds de la région de Québec à intervenir également pour sauvegarder Le Soleil et la presse régionale.  

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