Le ministre François Bonnardel (à droite), en compagnie du ministre responsable de la Côte-Nord, Jonatan Julien
Le ministre François Bonnardel (à droite), en compagnie du ministre responsable de la Côte-Nord, Jonatan Julien

Un «corridor économique» sur la Côte-Nord

BAIE-COMEAU – Les ministres François Bonnardel et Jonatan Julien avaient apporté de bonnes nouvelles sur la Côte-Nord avec eux jeudi. Ils ont annoncé que deux projets quasi mythiques dans la région, un pont sur le Saguenay près de Tadoussac et le prolongement de la route 138 en Basse-Côte-Nord, franchissaient de nouvelles étapes en vue de leur éventuelle réalisation.

En matinée à Baie-Comeau, les deux hommes ont annoncé la mise à jour de l’étude d’opportunité pour la construction d’un pont sur le Saguenay, une demande réitérée depuis des lustres par les forces vives du milieu. Le ministre Bonnardel a confirmé le lancement de l’appel d’offres pour effectuer cette mise à jour «afin d’avoir toutes les données pour, un jour, construire ce pont».

L’appel d’offres lancé ce jeudi permettra de déterminer le soumissionnaire qui sera choisi au début de 2021. M. Bonnardel a dit souhaiter que cette mise à jour soit complétée pour la fin de 2022. Le ministre a laissé entendre que cet éventuel pont, combiné au prolongement de la route 138 en Basse-Côte-Nord, permettra la création d’un «corridor économique» entre le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador.

En après-midi à Sept-Îles, le ministre des Transports et le ministre responsable de la Côte-Nord ont annoncé le lancement d’un autre appel d’offres pour la mise à jour d’une étude d’opportunité, cette fois concernant le prolongement de la 138. Cette étude vise à recueillir les données nécessaires pour déterminer les meilleurs scénarios pour les tronçons entre La Romaine et Tête-à-la-Baleine ainsi qu’entre La Tabatière et Vieux-Fort.

Des travaux complexes sont prévus dans ces deux secteurs totalisant 300 kilomètres. On parle entre autres de 3 500 traversées de cours d’eau, dont certains assez imposants.

«C’est toujours trop long, mais on a eu l’assurance du ministre qu’il était favorable à ce qu’on accélère autant que possible la machine, tout en respectant la loi», a lancé le président de la Société du pont sur le Saguenay, Marc Gilbert, satisfait de l’orientation de Québec dans ce dossier.

«Dans la dernière année, le ministère (des Transports) a fait un travail en parallèle et a confirmé que la solution que la Société du pont a développé depuis des années tient la route, techniquement et financièrement. C’est un grand pas en avant», a ajouté M. Gilbert, qui sera du comité de liaison sur le projet. 

On se souviendra que la Société du pont a toujours rejeté les hypothèses voulant qu’un pont sur le Saguenay à la hauteur de Tadoussac coûterait autour de 1 G$. Dans la dernière étude qu’il a menée, en 2015, l’organisme parle plutôt d’un pont à deux voies autour de 400 M$.

«On peut décrier les délais, un peu trop long à notre goût, mais aujourd’hui, on se tape dans les mains», a affirmé le député de René-Lévesque, Martin Ouellet, qui estime que les démarches régionales pour le lancement de cet appel d’offres ont porté fruit.

Le député a aussi noté l’évolution du discours gouvernemental sur ce dossier avec l’expression corridor économique utilisée par le ministre Bonnardel. «Ce n’est pas seulement une infrastructure, c’est un outil de développement», a-t-il fait valoir.