Les conseillères Hélène Doiron, Diane G. Collins, Lisette Lavigne, Micheline Pelletier et Muriel Savoie entourent «leur» conseiller Jules Ferland et la mairesse Annette Sénéchal.

Un conseil municipal à majorité féminine à Ristigouche-Partie-Sud-Est

Le village de Ristigouche-Partie-Sud-Est se distingue par la composition de son conseil municipal, où siègent six femmes et un homme, une situation singulière à l'échelle gaspésienne et à l'échelle québécoise. Même la direction générale de la municipalité de 175 citoyens est assurée par une femme, Suzanne Bourdages.
Comment expliquer la situation? Rencontrées peu avant la Journée internationale des femmes, la mairesse Annette Sénéchal, les conseillères Hélène Doiron, Diane G. Collins, Micheline Pelletier, Lisette Lavigne et Muriel Savoie hésitent avant de répondre. Le seul homme au conseil, Jules Ferland, est plus catégorique.
«Il y a eu des groupes d'hommes qui se sont présentés qui n'étaient pas vraiment intéressés. Les femmes sont plus sérieuses dans leur travail», dit-il.
Annette Sénéchal siège depuis 1989, d'abord comme conseillère, puis depuis 2005 à la mairie. «J'en ai vu des démissions, des conseillers surtout, qui sont restés un mois, deux mois, un an, et d'autres pas capables de discuter.»
Elles sont loin d'avoir été élues par défaut. Elles ont presque toutes vaincu des hommes. «Je me suis présentée contre trois hommes en mars 2010», signale Lisette Lavigne au sujet d'une élection complémentaire. «Je suis passée par les maisons pour me faire connaître.»
Muriel Savoie a battu deux fois un homme avant d'être élue sans opposition en 2009. Micheline
Pelletier a aussi eu le meilleur sur un opposant en 2009.
Comment s'en tire Jules Ferland dans ce conseil? «Je vous dis qu'on en prend soin», assure Micheline Pelletier. «Je suis gâté. Je suis très bien avec les dames», assure-t-il.
Le partage des tâches pose peu de problèmes. «On a tous nos spécialités», note Micheline Pelletier. Jules Ferland, un ancien camionneur, s'occupe des routes, mais les dames n'hésitent pas à se mêler des questions techniques.
Routes, sources et forages pétroliers
Ristigouche-Partie-Sud-Est a ainsi reçu des compliments de la MRC d'Avignon pour l'adoption d'un règlement sur l'aménagement de nouvelles routes.
Lundi, Ristigouche-Partie-Sud-Est est devenu l'une des premières municipalités gaspésiennes, après Gaspé et en même temps que Bonaventure, Percé et Caplan, à adopter son règlement sur la protection de ses sources d'eau par rapport aux forages pétroliers. Un projet bien réel, piloté par Gastem, pointait à l'horizon, et à distance assez limitée des maisons. «On a hâte que le gouvernement mette ses culottes», soupire la mairesse.
L'administration du troisième plus petit village gaspésien comporte néanmoins sa complexité, signalent Micheline Pelletier et Annette Sénéchal.
«Ça prend du temps, comprendre les rouages. Ce qui est plate, c'est qu'il y ait 175 citoyens ou des milliers, ce sont les mêmes documents. Il y aurait moyen de simplifier, pour les petits villages», disent-elles.