Une image d’un train vide prise le 23 avril dans un trajet Québec-Montréal.

Un collectif pour des trains plus aimables

Des amoureux du train demandent à VIA Rail de leur donner un peu d’amour en retour. Une pétition circule en ligne depuis jeudi pour de meilleurs tarifs, plus stables, considérant qu’il s’agit d’une société de la couronne, et donc subventionnée par des deniers publics.

La page Web trainsvides.com circulait déjà largement sur les réseaux sociaux, vendredi, un peu moins de 24h après sa mise en ligne. Lancée par le Collectif contre les trains vides, elle réclame un meilleur accès au transport ferroviaire. Quelque 300 personnes l’avaient signée vendredi après-midi. 

«Nous sommes des voyageurs très fréquents du corridor Montréal-­Québec», a expliqué au Soleil Gregory Sadetsky, l’un des instigateurs de la pétition. Ce dernier se voulait clair d’entrée de jeu : la démarche n’a rien d’une fronde conte VIA Rail. «C’est une lettre d’amour», a-t-il dit. Mais pour que la relation fonctionne à long terme, il faut régler certains irritants. 

Qualifiant le transport par train «d’agréable» et de «relaxant», M. Sadetsky a déploré, au nom du Collectif, des tarifs trop élevés et des variations extrêmes. «Il arrive parfois qu’on ne peut pas prendre le train parce que l’aller-retour va coûter 160 $. C’est insensé.»

Selon le Collectif, un voyageur peut payer jusqu’à «300 %» plus cher pour un même trajet. «Des prix fluctuants et imprévisibles rendent impossibles l’estimation des coûts de déplacements futurs, complexifient la planification financière, frustrent le voyageur, et contribuent à son abandon du transport ferroviaire», mentionne le texte accompagnant la pétition. 

Des tarifs abordables permettraient d’attirer et surtout maintenir une clientèle fidèle, et ainsi mettre fin aux «trains vides». Le Collectif croit qu’un aller simple de Québec vers Montréal au prix avoisinant les 20 $ aurait pour effet de remplir les nombreux sièges inoccupés, que ces usagers disent observer à répétition. Pour illustrer le propos, M. Sadetsky a immortalisé en photo les deux wagons vides d’un train à bord duquel il est monté le 23 avril.

VIA Rail réagit

VIA Rail a répondu vendredi à la pétition, se disant elle aussi «contre les trains vides!». Dans une communication écrite, une porte-parole de la société évoque une «stratégie» mise en place afin «d’augmenter l’occupation dans les deux directions [du corridor Québec–­Montréal]», sans en préciser la nature. On ajoute que le nombre de passagers a augmenté de 16 % depuis. «En 2017, il y a environ 492 186 passagers qui ont voyagé entre Montréal et Québec, sur 10 trains par jour en semaine, 6 le samedi et 7 le dimanche», ajoute la missive.

Pour ce qui est de la fixation des tarifs, «le prix des billets varie en fonction de la disponibilité et de la demande, qui peuvent varier selon le trajet du voyage et le moment où la réservation est faite», affirme VIA Rail. «Notre structure tarifaire est fondée sur la valeur du transport ferroviaire en ce qui a trait au confort, aux commodités, au service à bord, etc.»