En 2019, les plans d’eau avaient fait 58 victimes non-officielles, contre 57 en 2018. L’année 2020 en compte donc une vingtaine de plus que les précédentes, même si elle n’est pas encore terminée.   
En 2019, les plans d’eau avaient fait 58 victimes non-officielles, contre 57 en 2018. L’année 2020 en compte donc une vingtaine de plus que les précédentes, même si elle n’est pas encore terminée.   

Un cocktail meurtrier pour les noyades au Québec

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
L’automne est arrivé plus tôt cette semaine et avec lui la fin d’un été chaud. Un mercure élevé et des vacances sans grands voyages à l’extérieur de la province qui auront sans doute contribué à dresser un bilan meurtrier de 80 noyades non-officielles au Québec, selon les données de la Société de sauvetage du Québec.  

En 2019, les plans d’eau avaient fait 58 victimes non-officielles, contre 57 en 2018. L’année 2020 en compte donc une vingtaine de plus que les précédentes, même si elle n’est pas encore terminée.   

«On observait une tendance à la baisse pour les noyades, mais cette année, les gens ont beaucoup acheté des piscines, des motomarines et d’autres embarcations, car ils ne passaient pas l’été à l’extérieur de la province. C’est sur que ça a eu un impact», souligne Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage du Québec.  

Particulièrement chez les enfants, précise-t-il. Il faut en effet remonter à 2012 pour observer plus d’une dizaine de noyades chez les moins de 18 ans. Cette année, jusqu’à présent, on en compte déjà 14, dont 11 étaient âgés de moins de quatre ans.  

Une bonne partie de ces décès chez les enfants est par ailleurs survenue dans des piscines résidentielles. Le fruit d’un été où bon nombre de Québécois devaient conjuguer famille et télétravail?  

Difficile à dire tant que les rapports du coroner ne sont pas disponibles, estime M. Hawkins. «Ce qu’on sait pour l’instant, c’est que ces noyades ont eu lieu à l’insu des parents, rapporte-t-il. Dans les dernières années, on a pu constater que dans 85% des cas, les enfants étaient seuls ou qu’il y a eu une source de distraction de la part du parent». 

L’été indien reviendra en force cette année, selon le directeur général de la Société de sauvetage du Québec. «Plusieurs n’ont pas encore fermé leurs piscines ou n’ont pas sorti leur bateau de l’eau. D’autres iront à la pêche ou à la chasse cet automne et nécessairement ils vont être sur ou près de l’eau.» 

Portez votre veste de flottaison, évitez d’être seul et tâchez de ne pas consommer d’alcool. Tels sont les conseils de Raynald Hawkins pour éviter de faire partie des tristes statistiques. 

«La veste de flottaison fait toute la différence entre une anecdote à raconter plutôt qu’un drame à vivre dans une famille», rappelle-t-il.