Le président du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Yangui (à droite), a confirmé que le CCIQ a fait une promesse d'achat pour un terrain à Saint-Apollinaire pour y aménager un cimetière musulman.

Un cimetière musulman à Saint-Apollinaire

L'entente conclue entre le Centre culturel islamique de Québec et l'entreprise funéraire Harmonia pour l'acquisition d'un terrain à Saint-Apollinaire permettra la création d'un cimetière musulman contigu à un terrain où sont disposées les cendres de catholiques.
Le terrain de 60 000 pieds carrés situé sur la rue Laurier, le long de l'autoroute 20, fait l'objet d'une promesse d'achat. Le Centre culturel dispose aussi d'une option d'achat sur un terrain voisin, ce qui permettrait de doubler la superficie à 120 000 pieds carrés. La transaction est évaluée à 215 000 $. La dépense a été entérinée dimanche par des membres de la communauté réunis en assemblée.
Joint au téléphone, le maire de l'endroit avait eu vent de la nouvelle dans les heures précédentes. «Je l'ai appris ce matin même [lundi], lance Bernard Ouellet. J'avoue que je ne m'y attendais pas. Je croyais que la communauté visait un terrain situé à Québec ou à Lévis», ajoute-t-il.
Pour ce qui est de la façon dont cette annonce sera reçue,
M. Ouellet compte surtout vérifier la faisabilité du projet en regard des règlements municipaux existants. «Il faut être ouvert. Je ne ferai pas grand bruit avec ça. On va ajouter ce point à l'ordre du jour et en discuter avec les conseillers.»
Le terrain appartient à la jeune entreprise funéraire Harmonia, créée en 2006. Elle possède déjà à Saint-Apollinaire des équipements de crémation et un terrain pour la mise en terre des cendres.
Comme un parc
«Les pourparlers ont débuté à l'automne, explique Sylvain Roy, cofondateur d'Harmonia et directeur des opérations et des funérailles. «Nous, on est sans confessionnalité. On apporte des outils nécessaires à l'inhumation. Notre entente prévoit aussi un contrat de gestion à long terme», ajoute-t-il.
Il explique que le terrain visé est contigu à celui où sont enterrées les cendres de citoyens de foi catholique. «Il n'y aura pas de mixité des sépultures. La communauté disposera de son propre terrain. La formule retenue est de disposer des pierres au sol sur le terrain qui demeurera boisé. Ça ressemblera plus à un parc», précise M. Roy.
Selon lui, ajouter l'inhumation à l'usage du terrain est une formalité. Il imagine mal comment le projet pourrait avorter.
Les parties voudraient signer le contrat de vente d'ici l'été. Le président du Centre culturel, Mohamed Yangui, estime que l'espace disponible peut répondre au besoin de la communauté pour les cent prochaines années. Il s'agirait du second cimetière de confession musulmane dans la province.
Jusqu'alors, les dépouilles étaient enterrées au seul autre cimetière musulman existant au Québec, dans la région de Montréal. Les corps étaient aussi parfois rapatriés dans le pays d'origine des défunts.