Les gens qui ont déjà des troubles de sommeil ont beaucoup de difficulté à composer avec la perte d'une simple heure de repos.
Les gens qui ont déjà des troubles de sommeil ont beaucoup de difficulté à composer avec la perte d'une simple heure de repos.

Un changement d'heure difficile à vivre

Pierre Pelchat
Pierre Pelchat
Le Soleil
Le changement d'heure au cours de la nuit de samedi à dimancge affectera très peu la majorité des gens. Ce ne sera toutefois pas le cas pour des milliers de personnes qui éprouvent déjà de la difficulté à bien dormir.
«Les gens qui sont plus vulnérables aux effets du manque de sommeil ou d'un sommeil raccourci vont subir un peu plus de conséquences de la perte d'une heure de sommeil au printemps», a indiqué le psychologue et professeur à l'Université Laval Charles Morin, qui est considéré comme un des grands experts internationaux des problèmes de sommeil.
«Il y a une bonne proportion de la population adulte qui souffre de problèmes de sommeil. Si on parle d'insomnie sur une base occasionnelle, c'est un bon 25 à 30% de la population. Sur une base chronique, c'est un 10% de la population. C'est quand même beaucoup de monde qui sont sujets aux difficultés de sommeil», a-t-il poursuivi.
Selon le Dr Gilles Lavigne, qui est chercheur clinicien à l'hôpital du Sacré-Coeur de Montréal, les recherches ont démontré que bien des gens qui ont déjà des troubles du sommeil ont beaucoup de difficultés à composer avec la perte d'une simple heure de sommeil lors du changement d'heure en mars.
«Ce qui sera difficile, ce sont les changements d'humeur. Ils vont se sentir un peu plus irritables pour quelques jours. Ils vont avoir un peu plus de difficulté à faire face à la fatigue. Ils vont sentir plus de fatigue dans la journée. Si ça dure trop longtemps, ils peuvent commencer à avoir mal au dos, au cou, à la tête, à l'estomac. Toute perturbation du sommeil qui dure trois, quatre jours amène son petit lot de problèmes et après, ça rentre dans l'ordre chez quelqu'un qui est en bonne santé», a décrit le dentiste de formation et ancien président de la Société canadienne du sommeil.
«S'il y a un message à leur passer, c'est d'être un peu plus vigilant. Ce n'est peut-être pas le soir pour faire le party et boire trop d'alcool. L'alcool, c'est un trompeur du sommeil. Il nous aide à nous endormir, mais trois, quatre heures après, le cerveau se réveille, reprend ses droits. Le conseil qu'on peut leur donner est de sortir et de s'exposer à la lumière s'il y a du beau temps», a-t-il ajouté.
Charles Morin suggère aux gens plus vulnérables de se coucher un peu plus tôt qu'à l'habitude pour s'assurer d'une bonne quote-part de sommeil et d'être plus prudents au volant de leur véhicule. «Dans les années antérieures, certains ont avancé qu'il y avait une augmentation des accidents de la route parce qu'on réduit le nombre d'heures de sommeil et que les gens sont plus somnolents. Je ne sais pas dans quelle mesure c'est véridique», a-t-il dit. Quoi qu'il en soit, la fatigue, le fait de s'endormir au volant sont connus pour être les causes de plusieurs accidents de la route.
D'autre part, selon le Dr Lavigne, les gens qui ont des douleurs musculaires, des courbatures qui les empêchent de bien dormir auront fort probablement plus de difficultés à trouver le sommeil avec le changement d'heure de la nuit prochaine.
C'est à 2h la nuit prochaine que nous devons avancer montres et horloges à 3h, conformément à la Loi sur le temps légal. L'heure est ainsi avancée le deuxième dimanche de mars et revient à la normale le premier dimanche de novembre.
Le changement d'heure est une occasion pour le Service de protection contre l'incendie de la Ville de Québec de rappeler de vérifier les détecteurs de fumée et de remplacer les piles au besoin.