Dix personnes sont mortes et seize autres ont été blessées par un véhicule bélier lundi dans le nord de Toronto.

Un camion sème la mort à Toronto

TORONTO — Le conducteur de la camionnette qui a foncé dans la foule lundi à Toronto, causant la mort de 10 personnes, a agi de manière «délibérée» et les autorités privilégient dorénavant la thèse d’un acte isolé ne visant pas la «sécurité nationale» du Canada.

En soirée, la police a revu à la hausse le bilan du véhicule-bélier: 10 morts et 15 blessés à la suite d'un décès d’une personne admise à l’hôpital.

«Cet acte semble clairement délibéré», a déclaré Mark Saunders, chef de police de Toronto, ville qui accueillait au même moment les ministres des Affaires étrangères et de la Sécurité publique des pays du G7.

«J’ai été profondément attristé d’apprendre l’attentat tragique et insensé survenu à Toronto», a déclaré le premier ministre Justin Trudeau lundi soir dans un communiqué.

Le terme «attentat» employé en français par le premier ministre ne suggère pas «une connexion terroriste de nature à menacer la sécurité nationale», a précisé son cabinet.

«Les informations disponibles à ce stade indiquent que cet événement ne semble aucunement lié à la sécurité nationale», a pour sa part déclaré le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale, en laissant entendre qu’il s’agissait d’un acte isolé.

Il a insisté que cette conclusion était partagée par les différentes agences de sécurité et de renseignement du Canada.

Rapidement arrêté, le chauffeur de la fourgonnette de location a été identifié comme étant Alek Minassian, âgé de 25 ans et originaire de Richmond Hills, en banlieue nord de Toronto, a relevé M. Saunders.

C’est vers 13h26 locales que la police a été avertie qu’une camionnette blanche de location renversait des piétons en fonçant sur les trottoirs de la rue Yonge, à une heure de forte affluence et sous un grand soleil printanier.

Le conducteur a été arrêté 26 minutes plus tard, après avoir ensanglanté la rue Yonge sur environ un kilomètre. Cette rue commerçante est «une des plus fréquentées du pays», a relaté le chef de la police.

La camionnette blanche
Les faits sont survenus vers 13h27 dans le nord de Toronto.

«Le conducteur faisait des zigzags, sur le trottoir, sur la chaussée, il continuait à rouler», a décrit à l’AFP Rocco Cignielli.

La camionnette s’est finalement immobilisée, l’avant de la carrosserie endommagé. Son conducteur, un homme corpulent, apparaît sur des images diffusées sur les réseaux sociaux, debout, au côté de la camionnette, faisant face avec agressivité à un policier armé.

Le chauffeur, qui semble alors pointer quelque chose vers le gardien de la paix avant de s’en débarrasser et de se faire menotter, n’était pas armé, a indiqué M. Saunders.

«L’enquête sera longue»

La camionnette bélier a renversé plusieurs piétons autour des rues Yonge et Finch.

Cette partie de la ville «va être fermée pour plusieurs jours [car] l’enquête sera longue avec plusieurs témoins à entendre et beaucoup d’images de caméras de surveillance à regarder», a averti Peter Yuen, chef adjoint de la police de Toronto.

«Ce tragique événement ne représente pas qui nous sommes [...] et mes pensées sont avec ceux qui ont été frappés», a déclaré le maire de Toronto John Tory.

Cet accident intervient alors que Toronto accueille jusqu’à mardi une réunion des ministres de la Sécurité publique du G7, après avoir reçu dimanche et lundi la rencontre des ministres des Affaires étrangères des sept pays les plus industrialisés (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et Canada).

Ces faits rappellent les modes opératoires d’attaques à la voiture-bélier dans plusieurs grandes villes, comme New York, Barcelone, Londres, Nice, Paris, Berlin ou Stockholm, où des éléments radicaux à bord de véhicules ont fauché mortellement des piétons.

La police a indiqué que l’interrogatoire en cours du chauffeur devait permettre de déterminer «le mobile exact» du conducteur de la camionnette blanche.

+

CE QUE L'ON SAIT

Le déroulé

À 13h26, la police reçoit un appel sur son numéro d’urgence rapportant des piétons fauchés près de la rue Yonge, en plein centre de Toronto.

Une camionnette de location blanche roule à vive allure, passant des voies de circulation de la rue Yonge, aux trottoirs où déambulent de nombreux piétons sous le soleil à l’heure du dîner, et sur «près d’un kilomètre», selon le chef de la police Mark Saunders.

À 13h52, soit 26 minutes après l’appel à la police, «un homme est arrêté» près de la camionnette stationnée sur le trottoir, l’avant de la carrosserie endommagé.

Le bilan

Après avoir annoncé que 8 à 10 piétons avaient été fauchés par la camionnette, sérieusement blessés, la police diffusait en fin de journée un lourd bilan de 10 morts et 15 blessés, dont quatre dans un état critique et deux dans un état grave.

Les corps des victimes, recouverts d’une couverture orange, étaient dispersés sur plusieurs centaines de mètres. La police poursuivait son travail d’identification tard lundi soir.

Le conducteur

La police a identifié le chauffeur de la fourgonnette comme étant Alek Minassian, 25 ans, un résident de Richmond Hill en banlieue nord de Toronto.

La police a indiqué que l’interrogatoire du chauffeur devait permettre de déterminer «le mobile exact» de cet acte. L’homme était inconnu des services de police.

Au moment de son interpellation, il brandissait un objet dans la main gauche et faisait face à un policier qui le tenait en joue, selon des images publiées sur les réseaux sociaux.

L’homme a ensuite été menotté au sol par un policier.

«Un acte isolé»

«Cet acte semble clairement délibéré», a estimé le chef de la police en expliquant que le chauffeur circulait tantôt sur la chaussée, tantôt sur les trottoirs.

Après avoir consulté les services de renseignement et «à partir de toutes les informations disponibles», le ministre de la Sécurité publique a estimé que «les événements horribles» ne semblent «aucunement liés à la sécurité nationale». Implicitement, le ministre canadien écartait toute action d’un individu radicalisé.

LIRE AUSSI: Deux kilomètres jonchés de cadavres et de débris