Le barrage Eastmain-1 et la centrale Eastmain-1A ont été renommés le barrage et la centrale Bernard-Landry.

Un barrage et une centrale sont renommés pour honorer Bernard Landry

MONTRÉAL — Figure marquante du Québec au tournant du siècle, Bernard Landry passe maintenant dans la toponymie et est officiellement consacré personnage historique par le gouvernement du Québec.

Le barrage Eastmain-1 et la centrale Eastmain-1A ont été renommés le barrage et la centrale Bernard-Landry, alors que l'immense réservoir de 603 kilomètres carrés créé par ces ouvrages portera désormais le nom de réservoir de la Paix des Braves.

L'annonce en a été faite lundi par le premier ministre François Legault en compagnie du pdg d'Hydro-Québec, Éric Martel, du grand chef du Grand Conseil des Cris, Abel Bosum, et du grand chef qui avait signé la Paix des Braves en 2002, Ted Moses.

La veuve de l'ex-premier ministre, Chantal Renaud, de même que les enfants de ce dernier et plusieurs personnalités politiques se trouvaient sur place pour l'annonce, au quartier général d'Hydro-Québec à Montréal.

Le premier ministre Legault a profité de l'occasion pour annoncer que son gouvernement avait procédé à la désignation de M. Landry comme personnage historique en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

François Legault s'est dit fier «de rendre un hommage à quelqu'un qui a fait beaucoup pour sa patrie», un homme qu'il estime avoir été l'un «des grands bâtisseurs du Québec moderne».

«Quand une nation perd un homme de son envergure, la nation a le devoir de lui rendre hommage», a déclaré le premier ministre Legault, qui avait oeuvré d'abord aux côtés de Bernard Landry alors que tous deux étaient ministres dans le gouvernement de Lucien Bouchard, puis sous les ordres de celui-ci comme ministre dans son gouvernement avant de quitter le Parti québécois pour fonder la Coalition avenir Québec.

Un ami des Cris

Le grand chef Bosum a pour sa part souligné le courage qu'il avait fallu à Bernard Landry pour se risquer dans la négociation qui avait mené à la signature de la Paix des Braves, soulignant que les Cris n'auraient jamais cru, à l'époque, pouvoir faire confiance au gouvernement du Québec, alors que Bernard Landry, lui, avait dû combattre «des siècles de préjugés» au sein de son administration.

«En cette époque d'isolement et de condamnation constante, il est encore plus important que nous n'oublions jamais et que nous apprenions de ce qui arrive quand on fait de notre voisin notre ami», a-t-il déclaré.

Ted Moses, qui avait piloté le dossier délicat au sein de sa communauté, n'a pas hésité à dire que «Bernard Landry était un ami des Cris».

«Mon ami Bernard Landry, je te remercie pour l'effort que tu as mis pour reconnaître les Cris pour que nous ayons notre place légitime ici au Québec», a dit l'ancien chef, tout en faisant valoir que «17 ans plus tard, vous pouvez voir les communautés et le développement dans le Nord, les bienfaits de la Paix des Braves».

«Fier jusqu'à son dernier jour»

La veuve de M. Landry, Chantal Renaud, s'est adressée très brièvement aux personnes réunies, simplement pour souligner l'importance que son époux accordait lui-même à cette démarche.

«L'avenir économique du Québec, son rayonnement culturel et son équilibre social ont été au centre de sa vie, une vie entièrement consacrée au Québec, son pays. La Paix des Braves en a été le fleuron. Cette entente […], il en a été fier jusqu'à son dernier jour. Un engagement de nation à nation, aimait-il dire, et qui aura profité aux deux nations.»

Le nom de Bernard Landry vient s'ajouter à ceux d'une illustre brochette de dirigeants québécois dont la mémoire est coulée dans les gigantesques ouvrages de béton qui ont fait du Québec une sommité internationale en matière d'hydroélectricité.

Éric Martel a rappelé, pour l'occasion, l'existence du barrage Daniel-Johnson, de la centrale René-Lévesque, de la centrale Jean-Lesage, et de la centrale, du barrage et du réservoir Robert-Bourassa.

Bernard Landry a été ministre dans les gouvernements de René Lévesque, Pierre Marc Johnson, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard avant de devenir lui-même premier ministre de 2001 à 2003.