Les travailleurs ont rejeté vendredi soir, dans une proportion de 90 %, l'entente de principe conclue quelques jours plus tôt avec Swissport Canada.

Un avis de grève est déposé aux aéroports Montréal-Trudeau et Mirabel

MONTRÉAL — Les activités des aéroports Pierre-Elliott-Trudeau et Mirabel, à Montréal, pourraient être perturbées à compter du matin du 31 décembre puisque le syndicat des employés chargés du ravitaillement des avions vient de déposer un avis de grève illimitée.

Les négociations doivent tout de même reprendre dès ce samedi après-midi au centre-ville de Montréal et le syndicat affirme avoir pleine confiance en la possibilité d'en venir à un accord avant le déclenchement de l'arrêt de travail.

Les travailleurs ont rejeté vendredi soir, dans une proportion de 90 %, l'entente de principe conclue quelques jours plus tôt avec Swissport Canada. Cette entente avait d'ailleurs permis d'éviter un premier débrayage prévu à Noël.

Samedi, le président général du district 140 de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale (AIMTA), Peter Tsoukalas, a confirmé avoir transmis l'avis de grève à 11h. Ce qui déclenche un délai de 72 heures avant le début de la grève.

Le vote des membres sur le déclenchement de la grève a eu lieu tout juste après celui sur le rejet de l'entente de principe, vendredi soir. Toutefois, le syndicat n'a terminé le dépouillement des voix qu'au milieu de la nuit dernière ce qui explique le fait que la nouvelle n'a pas pu être confirmée en même temps que le rejet de l'offre patronale.

Pas moins de 99 % de la centaine d'employés ont appuyé la grève.

L'employeur, Swissport Canada, n'aurait pas trop mal pris l'annonce de la grève, d'après Peter Tsoukalas puisqu'il s'agit simplement de l'étape suivante normale après le rejet d'une proposition, a-t-il dit.

L'entreprise établie à Zurich, en Suisse, a commenté en disant qu'elle «retournait à la table de négociation avec l'esprit ouvert et en toute bonne foi, en espérant d'en arriver rapidement à une entente». Swissport appartient au conglomérat chinois HNA Group Co. Ltd.

D'après Peter Tsoukalas, les travailleurs considéraient que l'offre patronale n'était pas assez généreuse sur le plan salarial ainsi qu'en matière d'avantages sociaux de soins de santé et de soins dentaires. Des enjeux que le président du district 140 de l'AIMTA croit pouvoir régler.

«Moi, je suis sûr qu'on peut négocier ça, a-t-il assuré en entrevue téléphonique alors qu'il se dirigeait vers le lieu de rencontre pour la négociation. On est préparé pour rester là jusqu'à ce qu'on ait un accord.»

En cas de débrayage, Swissport Canada pourrait faire appel à des cadres pour assurer le maintien de certaines activités. L'entreprise s'attend à des «conséquences minimes» et à ce que le trafic aérien «se poursuive comme à l'habitude», a-t-elle indiqué.

Le Jour de l'an est une journée plutôt tranquille dans les aéroports du pays, mais le flot de passagers augmente rapidement dès la première semaine de janvier.

Aéroports de Montréal entend établir un plan de contingence en collaboration avec Swissport et les transporteurs aériens afin de s'assurer que «les opérations soient maintenues en cas de moyens de pression».

Swissport Canada est le seul fournisseur de carburant des compagnies aériennes aux deux aéroports. Les employés concernés sont les ravitailleurs d'aéronefs, mécaniciens aux installations de stockage de carburant, répartiteurs, employés-entretien ravitaillement et mécaniciens.