Turbo Fest: les jongleurs débarquent à Québec [VIDÉO]

Du 3 au 5 janvier, quelque 300 artistes et festivaliers arpenteront les corridors de l’École de cirque de Québec pour le quatorzième Turbo Fest, «le plus important festival de jonglerie au Canada», rappelle l’organisation.

«Il y a 20 ans, on jonglait avec deux diabolos. Aujourd’hui, on le fait avec cinq», lance Véronique Provencher, la fondatrice et porte-parole de Turbo 418, l’organisme derrière l’événement. La discipline a beaucoup évolué : de nouveaux objets sont utilisés, les techniques se précisent, la recherche s’approfondit. «On explore toutes les possibilités», résume l’ancienne infirmière graduée de l’École de cirque de Québec, aujourd’hui spécialisée dans la jonglerie avec les diabolos.

Elle travaille aujourd’hui en cirque social en partageant son savoir avec les Inuits du Nunavik, puis a rejoint la Fondation Dr Clown en 2018.

Le cirque est une discipline qui s’apprend et se pratique en collégialité, assure la porte-parole. «Il y a beaucoup d’entraide entre les jongleurs et les jongleuses.» Plus de la moitié des festivaliers séjournent sur place, à l’École de cirque de Québec : l’événement ne dort jamais ou presque. 

Et la communauté circassienne est tissée serrée. «On est attaché à l’école Cirkus Cirkör à Stockholm et au Lido, le Centre des arts du cirque à Toulouse. De grosses délégations de Rochester dans l’État de New York et de l’École nationale de cirque participent chaque année», indique Mme Provencher. 

Turbo Fest est financé par la vente de billets de spectacle, le coût d’entrée du festival, puis aux dons et commandites d’organismes et commerces locaux. La cessation des activités des centres locaux de développement (CLD), le 31 décembre 2014, aura eu raison du poste de Véronique Provencher. Tous les participants, artistes comme organisateurs, sont bénévoles.

En 14 ans, donc, le festival a beaucoup fluctué. Il a accueilli en 2015 le 68e Festival international de jonglerie. «550 jongleurs étaient réunis à Québec, il y avait des courses de jongleurs dans la rue», détaille l’artiste.

Puisqu’il se déroule pendant la période des Fêtes cette année, l’événement a été tronqué d’une journée. Mais qu’à cela ne tienne, de gros noms du milieu seront tout de même de la partie, selon l’organisation. Zack McAllister, nommé deuxième meilleur artiste par la communauté circadienne internationale; Onni Toivonen jongleur de quilles de la Finlande; l’Allemande Kathrin Wagner, qui se spécialise dans la jonglerie avec les anneaux; et Yohann Trépanier, artiste de Québec, cofondateur de Turbo 418 et de Machine de Cirque. 

La mouture 2020 propose une vingtaine d’ateliers pour les débutants comme les jongleurs expérimentés, deux gymnases dont un sera ouvert jours et nuits, des compétitions, des jeux, un cabaret improvisé, puis le Turbo Show de samedi, qui marie les numéros d’artistes professionnels et de la relève.

Québec, ville du cirque 

Québec est un centre névralgique pour la pratique de la jonglerie, fait valoir Mme Provencher. Des artistes de partout viennent y apprendre la discipline, comme Ripley Burns, une Américaine venue étudier les arts du cirque à Québec. 

Inspirée par une antipodiste finlandaise — qui jongle avec les pieds — invitée à s’illustrer au Turbo Fest en 2017, la nouvelle étudiante de l’École de cirque de Québec «qui a toujours aimé jouer avec ses pieds» souhaite alors se spécialiser dans l’antipodisme. Elle terminera sa formation de trois ans en juin prochain.

Ce sera au tour de Ripley Bruns de présenter un numéro sur la scène du Turbo Show, sa deuxième performance à vie, lâche-t-elle. Elle est la seule à pratiquer cette discipline à l’École de Québec, et l’une des rares au Canada. Les billets pour le spectacle sont en vente sur place pendant le festival. 

Le cirque semble «florissant» à Québec. Fin novembre, FLIP Fabrique et Machine de cirque se partageaient le Prix Ville de Québec, qui souligne le travail d’un organisme artistique ou culturel professionnel à but non lucratif œuvrant sur le territoire de la Capitale-Nationale.