Des défenseurs des groupes LGBT ont manifesté à New York en solidarité avec la Marche des femmes qui se tenait à Washington samedi.

Trump à la Maison-Blanche: inquiétant message pour les LGBT

Au lendemain de l'arrivée au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis, des groupes de défense des droits de la communauté LGBT et des femmes de la région de Québec s'inquiétaient déjà du mauvais message envoyé au reste de la planète.
Le site Internet de la Maison-Blanche a été revampé par l'administration Trump, vendredi, dès son assermentation comme 45e président des États-Unis. Il a rapidement été constaté que les pages réservées à la communauté LGBT (lesbienne, gaie, bisexuelle et transgenre), aux personnes handicapées et aux changements climatiques avaient disparu, à tout le moins momentanément, du nouveau site.
Pour le directeur général de l'Alliance Arc-en-ciel de Québec, Louis-Filip Tremblay, il s'agit là d'un autre signe inquiétant pour la communauté internationale LGBT, à l'aube de l'ère Trump chez nos voisins du sud.
«Trump en tant que tel s'est déclaré ouvert à la cause LGBT, mais en s'entourant de personne comme Mike Pence, son vice-président, qu'on savait homophobe, ça parle de soi-même. C'est sûr que ça résonne à travers le monde», pointe-t-il au sujet de l'ex-gouverneur de l'Indiana, fervent chrétien ayant souvent eu maille à partir avec la communauté LGBT.
À moins qu'elle revienne dans les prochains jours, la disparition de la page LGBT, sur le site Web de la Maison-Blanche, est évidemment symbolique, admet Louis-Filip Tremblay. Mais la page avait également une valeur pratique, précise-t-il. «Ça servait de référence à des personnes en détresse et les dirigeait vers certaines ressources.»
À l'échelle régionale ou même canadienne, la communauté LGBT n'a pas à se sentir menacée par Donald Trump, croit le dg de l'Alliance Arc-en-ciel. Après tout, Justin Trudeau se montre jusqu'à maintenant très sensible à la cause, souligne-t-il. Louis-Filip Tremblay s'inquiète surtout pour la situation dans certains pays du tiers monde, toujours très répressifs envers les LGBT.
«Ils vont dire: "Regardez, même les États-Unis arrêtent d'avancer sur les enjeux LGBT." Ça légitimise.»
«Un dominateur dans tous les sens du terme»
Alors qu'une immense marche des femmes s'est organisée à Washington, samedi, Élisabeth Germain, porte-parole du collectif féministe régional Léa-Roback, ne pouvait s'empêcher de pointer que le premier décret de Donald Trump, vendredi, contre l'«Obamacare», était déjà un coup dur pour les femmes.
«Quand on coupe dans les services publics, les femmes sont toujours les premières perdantes. Leur charge augmente et les coupes visent souvent des emplois où les femmes performent bien», explique-t-elle.
Mme Germain, qui s'implique également au niveau provincial, s'inquiète de voir des droits fermement acquis perdus par les femmes américaines, la liberté d'avorter notamment.
«Trump est un dominateur dans tous les sens du terme. On le voit à sa façon de parler. Il fait ce qu'il veut, il intimide, il méprise les femmes», affirme-t-elle, inquiète que la manière de faire «paternaliste» et «raciste» du nouveau président ouvre maintenant la voie à des dérapages similaires en politique canadienne. «Les brèches sont ouvertes pour dire n'importe quoi partout.»
Sur Facebook, les Arches du Québec, branche provinciale de l'organisme international d'hébergement et de support de personnes handicapées, ont également qualifié de «triste nouvelle» la disparition de la section du site Internet de la Maison-Blanche traitant des handicaps.